November 25, 2025

"Baptiste avait envie de pratiquer" : dispensé de sport, le collégien était mort après le cours d’EPS, le professeur mis en cause se défend

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L’enseignant était jugé ce mardi 25 novembre devant un tribunal correctionnel, pour “homicide involontaire”.

Cinq ans d’attente pour les parents de Baptiste. C’est un procès chargé d’une émotion immense qui s’est tenu ce mardi 25 novembre devant le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains.

Cinq ans après la mort de leur fils Baptiste, 12 ans, Mélanie Jacques et Xavier Ledoux font face à l’ancien professeur d’Éducation physique et sportive (EPS) de l’adolescent, poursuivi pour “homicide involontaire”.

Le drame s’est produit le 1er décembre 2020. Malgré un certificat médical d’inaptitude au sport lié à une grave pathologie cardiaque (hypertrophie du myocarde), le jeune collégien participait à une séance de course à pied dans le stade. Il fut victime d’un malaise fatal quelques minutes plus tard, décédant deux jours après à l’hôpital.

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La défense du professeur : la faute à Pronote ?

Âgé de 58 ans et exerçant depuis 1991, l’ancien professeur d’EPS a exprimé, en larmes, sa profonde compassion pour la douleur des parents. Mais face aux juges, sa défense s’est articulée autour de l’absence de transmission de l’information. Il affirme n’avoir jamais eu connaissance de la dispense avant l’accident.

Le prévenu a affirmé que Baptiste, décrivant un problème cardiaque comme “pas grave et qu’il pouvait s’adapter”, lui avait dit “entre deux portes” qu’il “avait envie de pratiquer”, comme le relaient nos confrères de France 3.

Le professeur a rejeté la responsabilité sur le système informatique, affirmant que le logiciel Pronote – où le certificat avait été téléchargé par les parents – n’était pas assez “intuitif” et qu’il n’avait pas été formé pour y consulter les dispenses. Pour lui, le certificat devait être remis en main propre.

“C’est l’adulte qui doit dire non” : la douleur des parties civiles

L’avocat des parents, Me Hervé Gerbi, a rejeté catégoriquement l’argumentaire de la défense, l’accusant de vouloir se “décharger de sa responsabilité” sur un enfant de 12 ans.

Pour les parties civiles, l’information avait circulé, et l’existence d’un protocole de photocopie et de dépôt du certificat dans le casier du professeur rendait sa connaissance de la dispense inéluctable.

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Le témoignage de la mère, Mélanie Jacques, fut particulièrement poignant, rappelant la juste hiérarchie des responsabilités : “Quand j’entends que Baptiste voulait courir… Bah Baptiste était un enfant… Et face à un adulte, c’est l’adulte qui doit dire non.”

L’ancien professeur a regretté d’être le seul à comparaître, déplorant que la “communauté éducative” soit absente. Le président a cependant confirmé que les membres de la hiérarchie scolaire (principal, CPE, infirmière) avaient bénéficié d’un non-lieu définitif dans cette affaire.

Le ministère public, reconnaissant des faits qui ne sont pas de nature volontaire, a requis une peine d’avertissement : deux ans de prison intégralement assortis de sursis simple. Le tribunal rendra son jugement final le mardi 27 janvier à 8h30.

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