L’ex-président brésilien, Jair Bolsonaro (au centre), à Brasília, au Brésil, le 14 septembre 2025. ERALDO PERES/AP/SIPA
L’ex-président brésilien Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat et en résidence surveillée depuis août, a été placé ce samedi 22 novembre en détention provisoire. « Il a été fait prisonnier, mais je ne sais pas pourquoi », a déclaré à l’AFP Celso Vilardi, l’un de ses avocats. Cette décision intervient après le rejet formel par la Cour suprême, la semaine dernière, de l’appel interjeté par Bolsonaro de sa condamnation.
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Selon le parquet, le projet de coup d’Etat ourdi par le camp Bolsonaro a échoué faute de soutien de hauts responsables militaires. Il prévoyait notamment l’assassinat du chef de l’Etat Luiz Inácio Lula da Silva, de son vice-président Geraldo Alckmin et du juge de la Cour suprême chargé de l’affaire, Alexandre de Moraes. L’ancien président d’extrême droite (2019-2022) a été déclaré coupable en septembre d’avoir été le chef d’une « organisation criminelle » ayant conspiré pour assurer son « maintien autoritaire au pouvoir » après la victoire de son rival de gauche en 2022.
Jair Bolsonaro se sait depuis des jours menacé d’une incarcération imminente pour commencer à purger sa peine. Sa défense a encore la possibilité d’appels supplémentaires jusqu’en début de semaine : elle a par exemple demandé vendredi qu’il reste en résidence surveillée plutôt que d’être envoyé en prison, en invoquant ses problèmes de santé. L’ex-président souffre notamment des séquelles d’un coup de couteau reçu à l’abdomen en 2018, qui lui a valu plusieurs interventions chirurgicales. Il a été en outre diagnostiqué en septembre d’un cancer de la peau et est saisi fréquemment de violentes crises de hoquets, selon ses proches. Mais les juges ont justifié leur décision par deux autres raisons, qui n’ont rien à voir avec sa peine.
1. Une décision destinée à « garantir l’ordre public »
Conduit ce samedi dans les locaux de la Police fédérale, Jair Bolsonaro, 70 ans, était assigné à résidence et sous surveillance électronique depuis août dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de tentative d’obstruction à son procès.
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Dans un communiqué lapidaire, la police fédérale a indiqué avoir exécuté un mandat de détention provisoire en application d’une décision de la Cour suprême. La source proche du dossier a indiqué à l’AFP qu’il s’agissait de Jair Bolsonaro. Comme motifs justifiant cette mesure, elle a cité l’appel à un rassemblement – une veillée de prière était prévue ce samedi par ses partisans devant la résidence de l’ancien président à Brasília – et « les risques pour autrui et pour le détenu lui-même ».
2. Plusieurs indices d’un « risque élevé de fuite »
Dans sa décision consultée par l’AFP, le puissant juge Alexandre de Moraes, en charge du dossier, explique qu’il s’agit d’une détention provisoire et non de l’exécution de sa peine. Selon le magistrat, l’ancien chef de l’Etat a tenté ce samedi de « casser » son bracelet électronique dans l’espoir de fuir à la faveur d’une manifestation prévue en fin de journée par ses partisans près de son domicile. Ce dernier évoque un « risque élevé de fuite ».
La veillée de prière convoquée sur les réseaux sociaux par l’un de ses fils, le sénateur Flavio Bolsonaro, soulevait la « possibilité de tentative de fuite vers une des ambassades proches de sa résidence », estime le juge Moraes dans sa décision.

