February 3, 2026

PORTRAIT. "Elle cuisine mieux que ma femme" : "Lulu", la septuagénaire qui joue les chefs cuistots pour rugbymen depuis plus de 30 ans

l’essentiel
À l’US Lézat-sur-Lèze (Régionale 2), le secret de la gagne ne se trouve pas seulement dans les vestiaires, mais surtout derrière les fourneaux. Depuis plus de 30 ans, Lucette Soula, alias “Lulu”, est l’âme du club-house. Entre recettes secrètes, caractère bien trempé et repas conviviaux, cette figure emblématique de 75 ans régale les joueurs et cimente l’esprit de famille de l’USL. Portrait d’une cuisinière indispensable que personne ne voudrait froisser.

L’entraînement vient à peine de se terminer. Les joueurs arrivent un à un au club-house de l’US Lézat-sur-Lèze (USL). C’est le rendez-vous incontournable, un passage presque obligé. Joueurs, dirigeants et bénévoles s’y retrouvent pour le traditionnel repas du vendredi soir. En arrivant, personne n’oublie de saluer Lucette Soula. “Mais ne l’appelez surtout pas Lucette, rigole Blandine. Pour tout le monde, c’est ”Lulu”.”

“Lulu” est là depuis toujours. Voilà plus de 30 ans qu’elle régale le club avec ses bons petits plats. “On a longtemps été plusieurs mais, aujourd’hui, je suis toute seule”, confie-t-elle. Présente dès la création de l’USL en 1977, elle a toujours répondu à l’appel, malgré une courte pause. “La cheffe cuisinière, c’est elle”, souffle un bénévole. Une figure au caractère bien trempé : “Le menu, c’est moi qui décide et c’est moi qui fais les courses !”

De l’énergie à revendre

À 75 ans, “Lulu” a de l’énergie à revendre. Il en faut pour préparer quatre repas par semaine (mercredi, vendredi, samedi et dimanche), sans oublier les réceptions d’après-match. Malgré cette charge de travail, “Lulu” refuse la planification rigide : “Je décide des repas selon mon humeur du matin. Je regarde ce qu’il reste, j’improvise, et je ne fais jamais deux fois le même menu.”

À l’USL, la confiance est totale. “C’est une dame de la campagne qui fait la cuisine à son image”, explique Jean-Claude Fauré, dit “Coco”. Blandine, qui tient les cordons de la bourse au club, confirme : “”Lulu” ne fait pas trop de folies, mais de toute façon, elle fait ce qu’elle veut ! Le budget restauration reste l’un des postes les plus importants du club.”

L’ambiance est à la décontraction. Tout est organisé sur un tableau : à chaque repas, deux personnes assurent le service, mais tous mettent la main à la pâte à un moment de la saison. L’USL cultive son côté familial, président compris. “On tient les joueurs grâce à la gamelle de ”Lulu””, s’amuse Blandine.

Lucette est présente de 16 heures à 2 heures du matin pour préparer le repas du vendredi soir.
Lucette est présente de 16 heures à 2 heures du matin pour préparer le repas du vendredi soir.
DDM. – Lionel Lasserre

La fameuse “sauce bijou” qui fait “courir les joueurs plus vite”

Ce vendredi soir, il faut avoir de l’appétit : andouilles, poitrine, saucisse et joue de porc sont au menu, précédées d’un peu de pâté en entrée. Il faut bien nourrir ces grands gaillards. Seule tradition immuable, le repas d’avant-match le dimanche : “C’est pâtes-steak, les joueurs le demandent.” Le tout accompagné de la fameuse “sauce bijou” de “Lulu”, dont elle garde jalousement le secret : “Ça fait courir les joueurs plus vite !”

Hugo et Sacha, les premiers arrivés, savourent : “Heureusement qu’on l’a. Ces repas renforcent la cohésion.” Même blessé, Hugo ne raterait ce moment pour rien au monde. Pour Vincent, l’un des anciens, “‘Lulu’ est notre maman. Elle a toujours le sourire, mais il ne faut pas la froisser. Si on fait un mauvais match le dimanche, ça peut se répercuter sur le repas du mercredi !”

Rien ne fait peur à ”Lulu”, qui s’est donné pour mission de faire découvrir de nouvelles saveurs aux jeunes : “Ils ne mangent jamais de pot-au-feu chez eux. Ici, ils ont même découvert le Gras-double. Il y a un joueur qui ne connaissait pas et qui en a repris trois fois.”

“C’est la meilleure de la vallée”

Clément renchérit dans un éclat de rire : “Elle cuisine mieux que ma femme ! C’est la meilleure de la vallée.” “Ici, on mange bien, rigole Michel Rieux, coentraîneur de l’équipe première. Je suis toujours passé dans des clubs où on mange bien. Dans ce club, il y a une vraie solidarité”.

Lulu ne prépare jamais deux fois le même menu.
Lulu ne prépare jamais deux fois le même menu.
DDM. – Lionel Lasserre

Pour ”Lulu”, le club-house est sa “deuxième maison”. Le vendredi, elle est sur le pont de 16 heures à 2 heures du matin, méticuleuse avec ses “poulains”. Sa spécialité ? Les lasagnes aux merguez, une recette partagée autrefois avec Yves Gimet, disparu il y a quelques mois. “Ici, c’est un restaurant quatre étoiles”, s’exclame Florian. Que tout le monde se rassure, ”Lulu” n’a pas l’intention de raccrocher son tablier. Entre ses petits-enfants, Corentin et Justine, et sa famille de l’ovale, ”Lulu” reste jeune : “Ça me maintient en forme !”

À l’US Lézat-sur-Lèze, le repas d’après-entraînement ou d’avant-match est sacré. Et comme la bande à l’entraîneur Christophe Beaudot a gagné au TUC, ”Lulu” a dû être contente. Les repas de la semaine s’annoncent bien.

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