Steve Witkoff à Washington, le 29 janvier. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
Alors que la Russie continue de frapper le territoire ukrainien malgré la trêve annoncée ce week-end, les négociations de paix vont bon train. Les émissaires américain et russe, Steve Witkoff et Kirill Dmitriev, affirment avoir eu samedi 31 janvier des discussions « constructives » lors d’une rencontre en Floride. « Nous sommes encouragés par cette réunion qui montre que la Russie s’efforce d’œuvrer pour la paix en Ukraine », a écrit Steve Witkoff sur la plateforme X, saluant un échange « productif ».
La délégation américaine à Miami comprenait également le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, et le conseiller de la Maison Blanche Josh Gruenbaum. « Réunion constructive avec la délégation américaine chargée du processus de paix. Discussion également productive concernant le groupe de travail économique américano-russe », a réagi pour sa part, également sur X, Kirill Dmitriev. Aucune des parties n’a fourni de détails sur le contenu précis des discussions. L’émissaire russe s’était déjà rendu fin décembre à Miami et avait également rencontré Steve Witkoff et Jared Kushner en marge du Forum économique de Davos en Suisse, la semaine dernière.
S’exprimant lors de son allocution quotidienne, le président ukrainien Volodymyr Zelensky indiquait samedi que Kiev était « en contact permanent avec la partie américaine et attend qu’elle nous fournisse des précisions concernant les prochaines réunions ». « L’Ukraine est prête à travailler dans tous les formats de travail. Il est important que ces réunions aient lieu et qu’elles débouchent sur des résultats concrets », ajoutait-il.
Nouveau round de pourparlers
Ce dimanche, le président ukrainien a annoncé que les négociations directes entre Kiev, Moscou et Washington reprendront mercredi 4 février aux Emirats arabes unis. « Les dates des prochaines rencontres trilatérales ont été fixées : le 4 et le 5 février à Abou Dhabi », a-t-il indiqué sur X. « L’Ukraine est prête à une discussion de fond et nous souhaitons que le résultat nous rapproche d’une fin réelle et digne de la guerre », a-t-il ajouté.
Les 23 et 24 janvier, un premier cycle de négociations s’était tenu à Abou Dhabi en présence de représentants ukrainiens, russes et américains. Il s’agissait des premières négociations directes connues entre Kiev, Moscou et Washington sur le plan américain pour mettre fin à la guerre.
Presque quatre ans après l’invasion russe, les pourparlers demeurent très difficiles, butant en particulier sur la question des territoires. La Russie exige notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones de la région de Donetsk qu’elles contrôlent encore.
Des frappes malgré la trêve
En signe de bonne volonté et à la demande de Donald Trump, le Kremlin avait affirmé vendredi suspendre ses frappes sur la ville de Kiev jusqu’à ce dimanche 1er février, pour « créer des conditions favorables à la tenue de négociations ». Des bombardements mortels ont pourtant de nouveau touché le territoire ukrainien dans la nuit de samedi à dimanche.
Une frappe russe a ainsi touché une maternité dans la ville ukrainienne de Zaporijjia (centre-est), faisant au moins six blessés, a affirmé sur Telegram le chef de l’administration régionale, Ivan Fedorov. Ce dernier a publié des images montrant des salles de consultation médicale dévastées par le souffle d’une explosion. On y voit des fenêtres brisées, du mobilier détruit et de nombreux débris au sol. Selon cette source, deux des personnes blessées étaient des femmes qui subissaient des examens médicaux au moment de l’attaque.
A Dnipro, un homme et une femme ont eux aussi été tués dans la nuit par une frappe de drones russes, a annoncé l’administration régionale. A Kherson, cité du sud de l’Ukraine très régulièrement visée par l’armée russe, un bombardement a également touché ce matin le centre-ville, indique l’administration locale. Cette attaque a grièvement blessé une femme de 59 ans qui a eu une partie de la jambe gauche amputée et des blessures à la tête, selon cette source, précisant que les médecins luttaient pour lui sauver la vie.
Sur ses réseaux sociaux, le président Volodymyr Zelensky a affirmé ce dimanche que Moscou avait lancé plus de 6 000 drones, environ 5 500 bombes aériennes et 158 missiles sur l’Ukraine lors du mois de janvier. Des attaques qui ont visé principalement le système énergétique, les voies ferrées et des infrastructures civiles. Avec des températures descendant jusqu’à -30 °C, ces bombardements ont causé des coupures de chauffage d’une gravité et d’une durée inédite, à Kiev et ailleurs.

