Le président vénézuélien déchu Nicolás Maduro va rester incarcéré à New York et comparaîtra à nouveau le 17 mars. ANDRES KUDACKI / GETTY IMAGES VIA AFP
Le président vénézuélien déchu Nicolás Maduro va rester incarcéré à New York et comparaîtra à nouveau le 17 mars, a ordonné ce lundi 5 janvier le juge Alvin Hellerstein, qui conduisait l’audience à New York. Capturé samedi à Caracas par l’armée américaine, il a plaidé non coupable des quatre chefs d’accusation retenus contre lui, principalement pour trafic de drogue.
« Je suis toujours le président de mon pays », a déclaré Nicolás Maduro, cité par les médias américains, affirmant avoir été « kidnappé », être un « prisonnier de guerre » et clamant son innocence. « Je suis innocent, je ne suis pas coupable », a-t-il dit, selon la même source. Comparaissant à son côté, son épouse Cilia Flores, 69 ans, a également plaidé non coupable.
Les deux époux comparaissent devant le tribunal de New York, deux jours après avoir été emmenés de force de Caracas lors d’une opération militaire ouvrant la voie au projet de Washington de contrôler le pays riche en pétrole. Quelques dizaines de partisans et opposants du président se sont massés aux abords du tribunal, se faisant face. Dans le même temps à Caracas, de nombreux députés ont scandé « Allez Nico » en soutien à leur président défait, lors de l’ouverture d’une nouvelle session de l’Assemblée nationale
Trump menace la présidente par intérim
Nicolás Maduro et son épouse sont visés aux Etats-Unis par un nouvel acte d’accusation publié samedi, aux côtés de quatre autres personnes – qui n’ont pas été arrêtées – dont le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l’un des hommes les plus puissants du pays, et le fils de Nicolás Maduro.
Le leader vénézuélien était « à la tête d’un gouvernement corrompu et illégitime qui, depuis des décennies, a utilisé le pouvoir de l’Etat pour protéger et promouvoir des activités illégales, notamment le trafic de drogue. Ce trafic a enrichi et solidifié l’emprise de l’élite politique et militaire vénézuélienne », écrit l’acte d’accusation. Il est notamment accusé de s’être allié avec des mouvements de guérilla y compris colombiens, que Washington considère comme « terroristes », ainsi qu’à des cartels criminels pour « acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis ».
Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, nommée dirigeante vénézuélienne par intérim à l’issue de la spectaculaire opération menée samedi par les forces spéciales américaines, a affiché sa volonté de coopérer avec les Etats-Unis dans le cadre de relations « équilibrées et respectueuses (…) fondées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence ». Celle qui était la vice-présidente de Nicolás Maduro montre ainsi un premier signe d’ouverture envers Donald Trump, qui l’a mise en garde : « si elle ne fait pas ce qu’il faut », elle subira un sort pire que celui réservé au président déchu.

