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Alex Pretti, Renee Good, deux citoyens américains tués par l’ICE à Minneapolis. La police de l’immigration semble de plus en plus s’en prendre à des opposants politiques. Pour Alexis Pichard, docteur en civilisation américaine, « le parallèle avec la Gestapo est malheureusement fondé. »
L’ICE de Trump donne de plus en plus l’impression de devenir une milice hors de contrôle. Police d’Etat, elle a pourtant agi ces dernières semaines à l’encontre de toutes les règles qui sont censées régir un Etat démocratique.
L’ICE a été créée au lendemain des attentats du 11-Septembre. Mais depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a sérieusement revu ses pouvoirs.
« Les prérogatives dont elle jouit ont largement été élargies. Elles piétinent certains amendements de la Constitution, notamment ceux qui ont trait aux libertés individuelles », observe Alexis Pichard, « notamment la liberté qui est garantie par le quatrième amendement concernant la capacité pour chaque citoyen d’avoir droit à ne pas être arrêté de manière arbitraire. »
Le chercheur explique que ces prérogatives sont probablement validées par des mémos présidentiels, mais en aucun cas par des lois qui ont été votées par le Congrès américain.
Comme des cow-boys sans contrôle
Le plus troublant dans les événements de Minneapolis, c’est l’impunité dont semblent bénéficier les agents de l’ICE. Même le département de la Sécurité intérieure couvre cette police de l’immigration : « L’institution qui est censée les cadrer leur donne un blanc-seing et leur permet de faire à peu près tout ce qu’ils veulent sans avoir peur de représailles, notamment judiciaires. »
Les membres de l’ICE agissent comme des cow-boys sans contrôle et cela s’explique simplement : leur formation. « Au début, c’était plusieurs mois maintenant, c’est une quarantaine de jours », note Alexis Pichard, « donc ce sont des gens qui ne sont pas formés et qui, pour certains, sont des individus qui étaient présents lors de l’assaut contre le Capitole en janvier 2021. Ils ont été graciés par Donald Trump et se sont recyclés dans cette police de l’immigration. »
Des hommes qui ne respectent pas les règles ou qui sont complètement extrémisés. Ils sont là pour pratiquer la violence sous couvert de réaliser une mission d’intérêt public.
Leur action est d’autant plus débridée qu’ils sont incités à faire du chiffre : « Ils ont des primes allant jusqu’à 2 000 dollars par mois lorsqu’ils atteignent les chiffres d’arrestation d’immigrés, qu’ils soient légaux ou illégaux. »
Un calendrier politique ?
Les provocations de l’ICE sont telles qu’elles poussent certains observateurs à y voir un calendrier très politique car Donald Trump, loin d’apaiser les choses, en tout cas dans le cas de Renee Good, a au contraire favorisé l’embrasement qui a eu lieu dans le Minnesota.
Pour Alexis Pichard, une telle situation pourrait permettre au président américain d’empêcher la tenue des élections de mi-mandat en raison de l’insurrection : « On pourrait imaginer la reproduction de ce modèle dans d’autres Etats clés, plutôt de tendance démocrate, pour empêcher la bonne tenue des Midterms. Cela qui permettrait à Donald Trump de garder l’ascendant sur le Congrès dont il a désespérément besoin s’il souhaite poursuivre sa politique en l’état. »
Mais pour le moment, face à la vague d’indignation, Trump tente de calmer le jeu. Il a engagé un retrait partiel des hommes de l’Ice, parlant d’une « petite désescalade. »

