January 30, 2026

"Si le produit est bon, il y a toujours de la place" : de La Réunion au Gers, il lance une taverne dédiée à la bière artisanale

l’essentiel
Après sept ans passés à La Réunion, Jérémie Héraut a posé ses cuves dans le Gers, son département d’origine. Sa brasserie, la Taverne de l’Ogre, propose une production locale et un projet ambitieux : devenir un nouveau lieu de vie à Auch.

Jérémie Héraut, 35 ans, est un Gersois pur souche. Mais c’est à La Réunion, où il a vécu sept ans, que sa passion pour la bière a pris racine. “Toutes les bonnes bières belges étaient trop chères là-bas, alors j’ai commencé à brasser chez moi, dans ma cuisine”, raconte-t-il. De fil en aiguille, il se forme auprès de brasseurs locaux, puis part neuf mois à Bruxelles pour parfaire son savoir-faire. “C’est là que j’ai su que je voulais en faire mon métier.”

Pourtant, le projet initial – monter une brasserie sur l’île – tourne court. “Le Covid est arrivé la veille de ma déclaration à la chambre des métiers. Entre les incertitudes sanitaires et les coûts d’importation exorbitants, c’était impossible”, se souvient-il. Lui et sa compagne Marine décident alors de rentrer en métropole, dans le Gers, pour y lancer la Taverne de l’Ogre à Auch, chemin de Gaouère, dans un grand hangar aménagé façon pub.

Un nom, une identité

Le choix du nom n’est pas anodin. “La taverne, c’est pour l’espace, et l’univers médiéval-fantastique. Et l’ogre, parce que je me retrouve dans ce personnage chaleureux, gourmand et convivial”, explique Jérémie. Son idée : créer un lieu où l’on déguste des bières artisanales dans une ambiance chaleureuse, entre amis ou en famille.

Depuis 2024, la brasserie produit chaque semaine entre 250 et 500 litres de bière, soit 400 à 1 000 bouteilles. “Une journée pour brasser, une pour embouteiller, une pour étiqueter… Quand je dois gérer 500 litres, c’est 12 à 13 heures de travail !”, confie-t-il.

À lire aussi :
Occitanie : menacés par l’accumulation des crises, les petits brasseurs se réunissent dans le Gers

Jérémie espère augmenter sa capacité de production, et embaucher. “Après trois ans de consolidation, pourquoi pas créer un poste ?” En attendant, il continue de démarcher les professionnels et de fidéliser sa clientèle, avec une philosophie simple : “Si le produit est bon, il y a toujours de la place. Je ne suis pas un concurrent pour les “gros” brasseurs gersois.”

Convivialité sur mesure

La Taverne de l’Ogre mise sur une gamme de six bières… et la souplesse que permettent les petites productions ! “On peut créer des recettes sur mesure pour des clients, comme pour le salon de tatouage d’Auch l’été dernier”, précise Jérémie.

Une flexibilité à même de séduire les entreprises qui voudraient des bouteilles à leur image. D’autant que côté prix, la brasserie reste compétitive : “Un fût de 20 litres ne coûte pas plus cher qu’une grande marque, et nos bouteilles sont dans la moyenne des bières artisanales”, assure notre ogre.

Jérémie Héraut compte élargir son volume de production cette année.
Jérémie Héraut compte élargir son volume de production cette année.
DDM – MC

Pour l’heure, il peut faire dégustations et visiter, mais l’espace extérieur, avec son brasero géant, promet des moments conviviaux. C’est que Jérémie Héraut veut à présent transformer la brasserie en brewpub, un lieu hybride où l’on produit et déguste sur place. “J’ai déjà la licence 3, qui me permet de vendre jusqu’à 18°. On veut proposer des limonades maison, du vin, et organiser des soirées à thème, des concerts, des murder parties…”, détaille Jérémie.

Un lieu familial, “pas un bar à beuverie”. L’endroit, Jérémie Héraut en est persuadé, a son potentiel. “Il y a beaucoup d’entreprises dans le coin, et aucun bar. Ici, on veut apporter la convivialité qui manque.”

source

TAGS: