January 29, 2026

"L’hôpital se meurt, vos vies en danger" : une cérémonie de vœux d’un directeur de centre hospitalier perturbée par une manifestation

l’essentiel
Lors de la cérémonie des vœux du directeur du centre hospitalier de Montauban (Tarn-et-Garonne), une manifestation imprévue des syndicats CGT et Force ouvrière a perturbé la prise de parole de Sébastien Massip. “L’hôpital se meurt”, clament les organisations, qui dénoncent “une logique d’austérité et de gestion comptable au détriment de l’hôpital”.

Ce devait être un moment positif permettant de dresser le bilan de l’année 2025 et d’envisager les grandes orientations du centre hospitalier de Montauban (Tarn-et-Garonne) pour l’année 2026. Finalement, la prise de parole du directeur de l’établissement, Sébastien Massip, lors de la cérémonie de vœux a été quelque peu perturbé par une manifestation syndicale, jeudi 29 janvier 2026.

Alors que le chef du site venait de saluer toutes les personnalités présentes, une demi-douzaine de représentants syndicaux se sont placés devant la centaine de personnes venue écouter le discours des institutionnels. Les manifestants ont déployé des banderoles rouges pour témoigner de leur souffrance.

“Charges de travail intensifiées, temps de repos sacrifiés”

“L’hôpital se meurt, capacitaire en baisse, vos vies en danger”, pouvait-on lire sur une première. “Conditions de travail dégradées, personnels épuisés, patients en danger”, était inscrit en lettres capitales sur une deuxième. “Suppressions de postes, charges de travail intensifiées, temps de repos sacrifiés” était noté sur une troisième.

Les revendications des syndicats hospitaliers inscrits en lettres capitales sur des banderoles rouges.
Les revendications des syndicats hospitaliers inscrits en lettres capitales sur des banderoles rouges.
DDM – MANU MASSIP

Face à ce déroulé des événements, Sébastien Massip, surpris par un tel procédé, a voulu temporiser. “Si vous souhaitez être reçus, ma porte est ouverte à 16h45 pour être précis. Je suis tout à fait prêt à vous recevoir”, a-t-il répondu au micro devant l’assemblée. Dans un premier temps, pas de réponse.

“Je peux vous donner la parole dans mon bureau”

“On veut assister à la cérémonie”, lui a finalement rétorqué l’une des syndicalistes manifestantes. “Dans ce cas-là, je vous invite à vous asseoir comme toutes les personnes présentes”, a insisté M. Massip. Nouveau moment de blanc. “Est-ce que vous voulez nous donner la parole ?”, a tenté la même interlocutrice. Sébastien Massip : “Je peux vous donner la parole dans mon bureau à 16h45”.

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Après quelques instants de malaise, les agents ont finalement attaché les banderoles bien visibles dans la salle du restaurant de l’hôpital avant se mettre en fond d’assemblée. “C’était un tour de chauffe”, a alors ironisé Sébastien Massip avant de reprendre l’énumération des personnalités présentes et d’entamer réellement son discours.

“La situation affecte la qualité et la sécurité des soins”

Après coup, les représentants syndicaux ont remis à La Dépêche la teneur du discours qu’ils pensaient pouvoir dérouler devant l’assistance. “Il aurait fallu l’organiser en amont pour que je leur laisse le micro, explique le directeur Sébastien Massip. Là, nous en sommes restés à la cérémonie formelle telle qu’elle avait été prévue.”

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Dans le viseur des organisations, la “logique d’austérité et de gestion comptable au détriment de l’hôpital public, des agents et des patients”, dont “les orientations du Projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS).

Après que les banderoles ont été accrochées derrière Sébastien Massip, le directeur a pu dérouler son discours de vœux.
Après que les banderoles ont été accrochées derrière Sébastien Massip, le directeur a pu dérouler son discours de vœux.
DDM – MANU MASSIP

“À Montauban, si la situation financière s’améliore et le déficit diminue, cette amélioration se fait essentiellement au prix de sacrifices humains, avancent-ils. La réduction des effectifs, le non-remplacement des départs, les réorganisations permanentes et la limitation des congés entraînent une surcharge de travail, une dégradation continue des conditions de travail, un épuisement professionnel, une hausse de l’absentéisme, une fatigue physique et psychologique accrue sur tous les grades. Cette situation affecte directement la qualité et la sécurité des soins.”

“Le désendettement n’est pas dû à des suppressions de postes”

Un constat qui n’est évidemment pas partagé par la direction. “Le dialogue social est de qualité dans l’établissement, en témoigne la bonne tenue du comité social d’établissement qui a eu lieu mardi [27 janvier au] matin, contre Sébastien Massip. Le désendettement de l’hôpital n’est pas dû à des suppressions de postes, puisque nous en ouvrons pour créer des unités, mais grâce à une hausse des recettes dû à de l’activité supplémentaire”, conclut le directeur.

Proposée à 16h45, la rencontre syndicats direction n’a finalement pas eu lieu.

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