January 27, 2026

Secourus au sommet d’une montagne, deux randonneurs "trempés et affamés" repartent sans payer l’hôtel ni remercier les sauveteurs

l’essentiel
Après une opération de sauvetage périlleuse de sept heures, deux randonneurs ont abusé de la générosité d’un hôtelier et des bénévoles de la Wasdale Mountain Rescue Team, en Angleterre. Un mois plus tard, la facture reste impayée et le matériel de secours n’a jamais été rendu.

L’ingratitude atteint parfois des sommets. Le 29 décembre dernier, deux jeunes hommes se sont retrouvés bloqués dans des conditions “périlleuses” sur le Scafell Pike, la plus haute montagne d’Angleterre, rapporte The Daily Mail. L’intervention, qualifiée d'”évitable” par les secouristes de la Wasdale Mountain Rescue Team, a mobilisé une équipe de bénévoles durant sept heures en pleine nuit.

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Une fois redescendus dans la vallée, “trempés et affamés”, les rescapés ont bénéficié de la bienveillance de Steve, le gérant du Wasdale Head Inn, une auberge située au pied de la montagne. Ce dernier a accepté de rester éveillé pour leur offrir le gîte et le couvert dans une chambre inoccupée, avec une réduction de 35 %. Les randonneurs, affirmant avoir laissé leur argent dans une tente restée en altitude, avaient promis d’envoyer les 130 livres (155 euros) par virement.

Au réveil, loin de remercier le personnel, les deux hommes ont exigé des remises supplémentaires, réclamé un petit-déjeuner gratuit et un transport pour quitter la vallée. Depuis, le silence est total : le numéro de téléphone laissé est injoignable et la dette de 130 livres n’a jamais été réglée.

Le matériel de secours “emporté”

Le préjudice n’est pas seulement financier pour l’hôtel. La Wasdale Mountain Rescue Team déplore également la disparition de deux lampes frontales prêtées pour la descente. Plus insolite encore, l’un des randonneurs a oublié sa béquille d’hôpital dans le véhicule de secours, qu’il utilisait pour l’ascension malgré une blessure à la jambe.

La béquille laissée par un des deux randonneurs, qui était blessé à la jambe avant son expédition.
La béquille laissée par un des deux randonneurs, qui était blessé à la jambe avant son expédition.
Wasdale Mountain Rescue Team

“Nous avons du mal à comprendre que les personnes secourues abusent de l’hospitalité de ceux qui nous soutiennent dans la vallée”, a déclaré un porte-parole sur le compte Facebook de l’équipe, se disant “bouleversé” par la situation. Bien que l’hôtel ait proposé d’effacer l’ardoise, les secouristes se sentent “obligés de les rembourser” sur leurs propres fonds de roulement pour préserver leurs relations avec les commerçants locaux.

Grâce à un élan de solidarité sur les réseaux sociaux, plus de 2 200 livres (2 620 euros) ont déjà été récoltés. “Nous sommes extrêmement touchés par votre générosité”, écrivent les sauveteurs, qui infiquent que les dons supplémentaires seront affectés “aux frais de fonctionnement de l’équipe, qui dépassent 100 000 livres par an”.

Délit de filouterie : quand l’addition devient une affaire pénale

Manger au restaurant, quitter un hôtel ou prendre un taxi sans intention de payer ? Ce n’est pas juste une impolitesse, c’est un délit de filouterie. Défini par l’article 313-5 du Code pénal, ce méfait repose sur la mauvaise foi : consommer un service en sachant pertinemment que l’on ne sortira jamais le portefeuille.

Contrairement à l’escroquerie, qui utilise des manœuvres complexes ou de faux documents pour tromper sa cible, la filouterie est une fraude “directe” au service. Mais ne vous y trompez pas, la note peut être salée : le contrevenant risque jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Les victimes, de leur côté, ont six ans pour agir en portant plainte au commissariat ou auprès du procureur de la République. En se constituant partie civile, elles peuvent même obtenir des dommages et intérêts pour couvrir le préjudice et les frais engagés.

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