January 25, 2026

« La 2CV, ce n’est pas une voiture, c’est un lien entre les gens » : le club Marman 2CV fait vivre la Deuche

l’essentiel
Dans le cadre d’une série consacrée aux passionnés de 2CV en Lot et Garonne, rencontre avec l’un de ceux qui font vivre la Deuche au quotidien. À Marmande, un ancien bâtiment municipal vibre chaque semaine au son si reconnaissable du bicylindre Citroën. Ici, on restaure, on roule, on discute et surtout on partage. Depuis 2021, le club Marman 2CV rassemble des passionnés de tous horizons autour d’un mythe roulant. À sa tête, Lionel Conques, président aussi chaleureux que passionné, raconte une aventure humaine bien plus large qu’une simple histoire de mécanique.

La première fois que Lionel Conques monte dans une 2CV, il n’imagine pas encore que cette voiture va façonner une grande partie de sa vie. « C’était en 1985, c’était la voiture de mon père. Il m’a dit prends la et débrouille toi avec. » Une phrase simple, fondatrice. « J’ai roulé avec un moment, puis je l’ai vendue. Je l’ai toujours regretté. » Des années plus tard, la promesse revient. « Je me suis dit un jour j’en rachèterai une. » Une 2CV, puis deux, puis trois. « Aujourd’hui j’en suis à ma vingt cinquième. »

Une passion dévorante mais maîtrisée. « J’ai tout rénové moi même. Châssis, moteur, carrosserie. Et parfois je garde, parfois je vends. » Derrière la mécanique, une philosophie. « La 2CV, c’est une voiture simple, accessible. Elle ne se retourne pas, elle est souple, elle traverse un champ sans casser des oeufs. » Lionel plaisante. « C’est tout un mythe. »

Un club né autour d’une boîte de camembert

La création du club tient presque du conte. « Un jour, lors d’une sortie entre amis, quelqu’un m’a dit ce serait bien d’ouvrir un club. » Lionel hésite. « Je réponds qu’il faut de l’argent. » La réponse fuse. « Deux adhérents ouvrent une boîte de camembert Président et me disent voilà, il y a déjà des billets dedans, on peut démarrer. » L’aventure est lancée.

Après une première structure, Marman 2CV voit officiellement le jour en 2021, juste après la période Covid. « On était une vingtaine au départ. Aujourd’hui, on est cent cinquante et un adhérents pour une centaine de voitures. » Un succès qui dépasse le Marmandais. « On a des adhérents de Lyon, du Pays Basque, de Bordeaux. Quand ils passent dans le coin, ils s’arrêtent. »

Le fonctionnement repose sur la régularité et l’ouverture. « Tous les vendredis après midi, on est ouverts. Membres ou non membres, tout le monde peut venir discuter, jouer aux cartes, boire un coup. » L’atelier est au coeur du lieu. « Il y a toujours un mécano pour aider. On peut même restaurer une voiture entière ici. »

« Ici, on ne se prend pas la tête »

Président, Lionel Conques se définit avant tout comme un facilitateur. « Mon rôle, c’est le relationnel. Donner des renseignements, organiser les ateliers, commander les pièces, représenter le club. » Le téléphone sonne souvent. « Je réponds à beaucoup de gens. »

Le club revendique une convivialité assumée. « Le but du jeu, ce n’est pas de se prendre la tête. Les gens viennent avec un problème, on essaie de le régler. » Certains n’ont même pas de 2CV. « Ce n’est pas obligatoire. Ils montent avec quelqu’un lors des sorties. » Les profils sont variés. « Le plus jeune a vingt-huit ans, le plus ancien quatre-vingt douze. »

Chaque mois, des balades rythment la saison. « On part entre dix et trente voitures. On roule tranquillement à soixante-dix. Ce n’est pas une course. » Visites, pique niques, sorties filles en octobre, prestations en EHPAD, mariages. « On amène les mamies et les papys faire un tour. C’est des moments incroyables. »

Lionel conclut avec simplicité. « La 2CV, elle crée du lien. Quand quelqu’un tombe en panne, il trouve toujours un club, quelqu’un pour l’aider. C’est un réseau, une famille. » À Marmande, le bicylindre n’a pas fini de rassembler.

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