La succession de Martine Aubry à Lille est désormais ouverte. Neuf candidats se disputent la ville. À deux mois du scrutin, la bataille s’annonce serrée et pleine de rebondissements. Tour d’horizon.
La ville de Lille (Nord), bastion socialiste depuis plus de 70 ans, s’apprête à vivre l’élection municipale la plus incertaine de son histoire. Un an après le retrait de Martine Aubry, figure tutélaire du paysage politique local, la capitale des Flandres se retrouve plongée dans une bataille à neuf candidats. La Dépêche du Midi fait le point.
Qui sont les candidats à Lille ?
En quittant la mairie en mars 2025, après près de 24 ans de règne, l’ancienne édile a désigné son héritier : Arnaud Deslandes, 40 ans. Passé par toutes les strates de la maison Aubry, de stagiaire à premier adjoint en passant par directeur de cabinet, l’actuel maire sortant conduit la liste socialiste.
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Face à lui, la gauche part en ordre dispersé. Les écologistes alignent Stéphane Baly, élu local depuis 2014, enseignant-chercheur en école d’ingénieur, et surtout candidat malheureux de 2020. La France insoumise mise sur Lahouaria Addouche, 42 ans, députée suppléante d’Aurélien Le Coq. Ancienne travailleuse sociale devenue technicienne qualité chez un sous-traitant d’Airbus, elle incarne un profil populaire et engagé. Pierre Madelain mènera la liste de Lutte ouvrière, déjà présente en 2020.
Du côté des Républicains, ils ont choisi la carte de la jeunesse avec Louis Delemer, 32 ans, militant de longue date. Un pari risqué dans une ville historiquement rétive à la droite classique, dont la dernière liste plafonnait à 8 %.
Au centre, Violette Spillebout, députée Renaissance et ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry, espère rejouer le match de 2020, où elle avait dépassé les 20 % au second tour.
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L’extrême droite est incarnée par Matthieu Valet, 40 ans, ancien commissaire de police, aujourd’hui porte-parole du Rassemblement national. En 2020, le RN n’avait pas franchi la barre des 7 %.
Deux autres listes complètent le paysage : David Metschies, 30 ans, tête de liste “Lille Prospère”, qui se définit comme “libéral-conservateur” et Baptiste Roussel, qui conduit la liste “Au-delà des partis”, avec un programme co-construit avec les habitants.
Quels sont les enjeux ?
La question centrale de ce scrutin est celle de la continuité ou de la rupture. Aux mains des socialistes depuis 1955, la ville de Lille va-t-elle changer de camp en mars prochain ? Pour préparer sa succession, l’ancienne maire a quitté ses fonctions en mars 2025, laissant les rênes à Arnaud Deslandes, son premier adjoint, désormais candidat à sa propre succession.
La principale menace vient de la gauche écologiste. En 2020, Stéphane Baly avait échoué à seulement 227 voix de la victoire. Fort de ce score, il espère cette fois transformer l’essai et faire basculer Lille dans le camp écologiste, en misant sur un discours axé sur la transition écologique, la qualité de vie et la démocratie locale. Violette Spillebout, elle, entend capter l’électorat modéré, en ciblant notamment les thématiques de la pauvreté et de l’insécurité, deux angles d’attaque récurrents contre le bilan municipal.
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À droite, sécurité et tranquillité publique dominent largement les débats. Louis Delemer (LR) et Matthieu Valet (RN) font de ces enjeux leur priorité, tout comme David Metschies. Au-delà des étiquettes, les candidats mettent également en avant les grands dossiers locaux : logement, mobilité, stationnement, attractivité économique et lutte contre la précarité. Autant de thèmes centraux dans une métropole de près de 240 000 habitants.
Que disent les sondages ?
Pour l’instant, un seul sondage a été publié sur les municipales 2026 à Lille. Réalisé par l’Ifop à la demande du Parti socialiste en septembre 2025, il place Arnaud Deslandes en tête avec 27 % des intentions de vote.
Derrière lui, Stéphane Baly (19 %) et Violette Spillebout (18 %) se tiennent dans un mouchoir de poche, suivies de Lahouaria Addouche (16 %) et de Matthieu Valet (RN) à 11 %. Le candidat LR Louis Delemer arrive en dernier de ce quinté de tête avec 9 %. Le match reste donc incertain pour la deuxième place, qui pourrait être décisive pour le second tour. La droite et l’extrême droite apparaissent encore en difficulté.

