January 23, 2026

Les 158 passagers survivent à l’atterrissage d’urgence, la compagnie réclame 1,4 million d'€ au pilote pour rembourser les dégâts sur l’Airbus

l’essentiel
En septembre 2023, l’équipage d’un Airbus A320 effectuant la liaison Sotchi-Omsk en Russie, a opéré un atterrissage d’urgence en raison d’une défaillance hydraulique. Aucun des 158 passagers n’a été blessé, mais après avoir considéré comme un héros, le commandant de bord a été licencié. Et ce jeudi, la compagnie Ural Airlines lui a réclamé 118,9 millions de roubles (1,4 million d’euros) en réparation des dégâts causés sur l’avion.

Un peu plus de deux ans après l’atterrissage en catastrophe d’un Airbus A320 dans un champ de blé près de Novossibirsk, Sergey Belov, le pilote qui était parvenu à poser son appareil sans qu’aucun blessé ne soit signalé parmi les 159 passagers et 6 membres d’équipage, est poursuivi par la compagnie qui l’employait au moment de l’accident. Plusieurs médias relatent ainsi qu’à l’occasion d’une audience qui s’est tenue ce jeudi 22 janvier, Ural Airlines a réclamé à son ancien commandant de bord la somme de 118,9 millions de roubles (1,4 million d’euros) en raison des dégâts provoqués sur l’avion par la procédure d’urgence.

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Le 12 septembre 2023, l’équipage d’un Airbus A320 effectuant la liaison Sotchi-Omsk a émis un bulletin d’alerte. En approche de la destination finale, à une altitude de 2 000 pieds, le cockpit a découvert une défaillance hydraulique des freins en manœuvrant le train d’atterrissage. Après avoir lancé les procédures de remise des gaz, l’équipage a pris la décision de se dérouter vers l’aéroport Tolmachevo de Novossibirsk (OVB), qui offre des pistes nettement plus longues qu’Omsk. Mais la panne hydraulique a laissé la trappe du train d’atterrissage ouverte et de forts vents contraires ont considérablement augmenté la consommation de carburant. Quand les niveaux de kérosène ont atteint un seuil critique, les pilotes ont décidé de poser l’Airbus A320 en catastrophe dans un champ.

Les “héros” ont été licenciés

Considérés tout d’abord comme des héros, en raison du sauvetage des 164 personnes embarquées dans l’appareil, les pilotes ont ensuite été visés par plusieurs enquêtes aux conclusions contradictoires. Alors que la commission du MTU de Sibérie occidentale de l’Agence fédérale du transport aérien avait procédé à un classement sans suite un mois après l’accident, la reprise des investigations par l’agence Rosaviatsiya a accablé les pilotes, soulevé des lacunes dans l’exercice de leur métier et leur formation, et recommandé des sanctions contre eux, qui se sont traduites par un licenciement.

Rappelons que l’accident du vol Ural Airlines 1383 est survenu en pleine guerre en Ukraine pour laquelle la Russie a fait l’objet de plusieurs paquets de sanctions, commerciales notamment, qui se sont traduites notamment par un embargo sur les pièces détachées d’Airbus. Après avoir envisagé la réparation de l’A320 immobilisé dans un champ en Sibérie, Ural Airlines a abandonné son projet et décidé d’utiliser l’épave comme réserve pour approvisionner en pièces de rechange d’autres avions en service.

Enquête et expertises contestées par la défense du commandant de bord

Sergey Belov, le commandant de bord, n’a pas seulement été privé d’emploi. Convoqué ce jeudi 22 janvier devant la justice, il a été visé par une plainte de son ancien employeur qui lui réclame plus d’un million d’euros. Pour sa défense, son avocat a affirmé qu’aucune expertise n’a été réalisée pour chiffrer les dommages causés, tandis que l’examen technique du vol visant à déterminer les causes de l’atterrissage forcé a été effectué en violation de nombreuses lois par une personne incompétente.

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