Le crash du vol Air India Kangchenjunga sur le Mont-Blanc en 1966 reste l’un des événements les plus marquants de l’histoire aérienne. Les débris, longtemps emprisonnés dans la glace, refont surface avec le réchauffement climatique. Une exposition commémore cet anniversaire à Chamonix.
Aujourd’hui marque le 60ᵉ anniversaire de l’un des accidents d’aviation les plus marquants de l’histoire aérienne française et mondiale : le crash du vol Air India Kangchenjunga, qui s’est écrasé sur le massif du Mont-Blanc le 24 janvier 1966. Parmi eux se trouvaient des personnalités comme le physicien Homi Jehangir Bhabha ou Amrit Prasad Pradhan, fondateur du Collège des sciences Amrit au Népal.
Des morceaux de l’avion recrachés par la glace
Le 24 janvier 1966, le Boeing 707-437, assurant la liaison entre Bombay et Londres via Genève, a percuté le versant du Mont-Blanc après une erreur de trajectoire lors de sa descente pour atterrir à l’aéroport de Genève-Cointrin. L’appareil, baptisé Kangchenjunga en hommage au troisième plus haut sommet du monde, a terminé sa course à environ 4 750 mètres d’altitude, ne laissant aucun survivant parmi les 117 passagers et membres d’équipage.
Parmi les victimes figuraient des citoyens de plusieurs pays, ainsi que Homi Jehangir Bhabha, physicien indien et président de la Commission indienne de l’énergie atomique, dont la disparition a profondément marqué la communauté scientifique de l’époque.
L’enquête menée après le crash a mis en évidence une combinaison de facteurs humains et techniques. La météo particulièrement difficile ce matin-là, avec un épais brouillard et des vents violents, a compliqué la navigation. Les pilotes ont mal interprété leur altitude et leur position par rapport au massif du Mont-Blanc, entraînant l’impact fatal. À l’époque, les systèmes de navigation et de contrôle aérien n’étaient pas aussi précis qu’aujourd’hui, ce qui rendait ce type de vol à risque.
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Pendant des décennies, les restes de l’avion et ses débris sont restés prisonniers du glacier des Bossons, figés dans la glace. Avec le réchauffement climatique, ces fragments ont lentement émergé au fil des années, ramenant à la surface pièces d’épave, artefacts personnels, et même des restes humains.
Commémoration et mémoire
Pour marquer l’anniversaire, une exposition artistique et historique a été inaugurée à Chamonix, mêlant objets retrouvés, récits et œuvres inspirées par le crash. L’artiste Josée de Vérité, qui travaille depuis des décennies avec des morceaux d’épave du Kangchenjunga, explique comment ces vestiges racontent encore une histoire humaine et technique que le temps n’a pas effacée.

