Plus de 300 personnes ont assisté, mercredi, à la réunion d’information sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) organisée à Bioule, par la Coordination rurale 82.
Des agriculteurs mais aussi de simples consommateurs soucieux de s’informer sont venus écouter les témoignages poignants d’éleveurs concernés par l’abattage ou inquiétants de scientifiques qui s’interrogent sur les réponses institutionnelles données à cette crise sanitaire.
Le Savoyard Christian Convers, à la tête d’un cheptel de 110 laitières et autant de vaches d’élevage, a été le premier à apporter son témoignage sur la crise qui a durement frappé sa région. S’il n’a pas été directement concerné sur son exploitation, celle-ci se trouve en limite d’une zone où près de 1 800 bêtes, soit une cinquantaine d’élevages, ont été abattues. Malgré cela, et malgré le confinement des troupeaux alentour, la maladie a continué à se propager.
Céline Lhomme, épouse d’un éleveur du Doubs, a vécu la violence de l’abattage. Elle a peiné à retenir ses larmes lorsqu’elle a évoqué ce funeste jour de début décembre où les CRS ont envahi sa ferme pour permettre aux services vétérinaires de procéder à l’abattage. Pourtant, tout le troupeau avait été vacciné depuis trente-cinq jours lorsqu’un cas s’est déclaré, et plus aucune bête n’était malade au trente-huitième jour, lors de l’intervention des services vétérinaires. Malgré un recours devant le tribunal administratif, le protocole a été appliqué.
C’est ce protocole mis en place par le ministère de l’Agriculture français qu’ont dénoncé tour à tour deux scientifiques : Hélène Banoun, pharmacienne-biologiste, et Jean-Marc Sabatier, chercheur au CNRS, tout comme Alain de Peretti, vétérinaire retraité. Ce dernier, regrettant qu’on ne soigne pas les animaux malades, estime qu’il ne faut pas baser une politique sanitaire sur des vaccins, tandis que les scientifiques émettent des doutes sur la qualité des deux vaccins employés et même des inquiétudes quant au vaccin ARN Messager qui va être prochainement utilisé.
Porte-parole de la CR 82, Pierre-Guillaume Mercadal a détaillé les quatre points du protocole que son syndicat souhaite présenter, avec les autres organisations syndicales agricoles, comme “une main tendue à l’Etat” pour sortir de cette crise : laisser le choix libre et éclairé de la vaccination aux éleveurs. Et cas de détection de cas de DNC : abattre uniquement les bêtes malades, confiner l’élevage, effectuer des prélèvements chaque semaine.
Les applaudissements nourris de la salle ont montré l’adhésion à cette proposition.

