Surprise de la liste des 42 joueurs retenus par Fabien Galthié afin de préparer le Tournoi des VI Nations et le premier match face à l’Irlande (jeudi 5 février), l’Australien Tom Staniforth partage sa joie de vivre un premier rassemblement en Bleus. Le troisième ligne du Castres Olympique pensait pourtant ne plus jamais avoir une opportunité de se rendre en sélection.
Comment avez-vous accueilli la nouvelle d’être retenu dans la liste des 42 ?
C’était une surprise, vraiment. C’est Patrick Arlettaz (entraîneur de l’attaque du XV de France) qui me l’a annoncé. Il m’a envoyé un petit message avant afin de m’avertir qu’il allait m’appeler. Ma femme était là, je lui ai dit : “Chérie, regarde, regarde !” Une minute plus tard le téléphone sonnait. J’ai beaucoup de chance car il y a énormément de joueurs en France qui sont forts en deuxième ligne. Je suis heureux de figurer dans cette liste. Et j’étais encore plus heureux de partager ce moment avec ma femme.

Y a-t-il justement des personnes à qui vous avez pensé immédiatement en recevant la bonne nouvelle ?
Ma femme, évidemment, qui a fait beaucoup de sacrifices en acceptant de venir en France. De me supporter aussi durant cette année où je n’ai pas joué (15 mois d’absence, exercice 2024-2025 blanc, en raison d’une blessure à la cheville droite, ndlr), où je n’ai pas été le meilleur des maris. Elle s’est occupée de tellement de choses quand j’étais diminué. Je lui en suis reconnaissant. On est ensemble depuis mes débuts chez les pros, donc c’est super qu’elle ait pu vivre ça.
Votre téléphone a dû chauffer avec de nombreux messages, notamment de personnes qui ont participé à l’évolution de votre carrière comme Pierre-Henry Broncan (qui l’a découvert pour le faire venir au CO) ?
Oui, mais c’était cool ! Des gens comme Pierre-Henry ont changé ma carrière, ma vie. Pas uniquement vis-à-vis du rugby. Castres a modifié la route de ma famille, et de façon positive. Recevoir autant de messages, de lui, d’enseignants, d’amis de mes parents, de ma famille aussi, c’était spécial. J’ai aussi eu un petit SMS d’Emmanuel Meafou (lui aussi Australien d’origine), me félicitant et me disant qu’on se voyait à Marcoussis.
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Vous êtes-vous dit que vous ne connaîtriez jamais un rassemblement en équipe nationale ?
Quand je suis arrivé en France (en 2020), je pensais que cette opportunité était passée. Heureusement, j’ai retrouvé l’amour du rugby en Top 14 avec le CO, avec un style de jeu différent en France. J’ai une chance, et je compte en profiter.
Jouer pour l’équipe de France est-il un vœu assez récent ?
Ce n’était pas une fixette. Comme je le disais, il y a des joueurs qui, à mon sens, sont très bons. J’ai toujours essayé d’être meilleur, tout en restant réaliste. Voire négatif des fois. Vous savez, je n’ai pas forcément une grande confiance en moi. Mon objectif a toujours été de bien jouer pour le Castres Olympique, qui m’a beaucoup apporté, donné même. Chaque semaine, je suis là pour gagner, fournir les efforts pour ce club. Là, c’est la cerise sur le gâteau. Maintenant, je suis heureux d’être en Bleus, j’ai hâte d’aller à Marcoussis.
Saviez-vous que le staff des Bleus vous suivait ?
Oui, mais je ne sais pas dire depuis quand exactement. On avait évoqué la possibilité de jouer pour la France avec Matthias Rolland (directeur du club), ce qui m’avait forcément mis en joie. J’adore la France. Avec ma famille, on la considère comme notre maison. On avait déjà parlé de mon souhait de devenir français d’ailleurs (la procédure est lancée, il attend un retour de la préfecture du Tarn). Or, dans la vie d’un joueur pro, il ne faut jamais penser trop loin non plus. Je le voyais comme un bonus.
Sans se projeter trop loin donc, quand on est dans les 42, on a envie d’être dans les 23 pour l’Irlande non ?
Pour le moment, le plus important est notre déplacement à Bayonne (ce samedi 24 janvier). Parce qu’après notre succès au Munster, on a l’opportunité de chercher à maintenir notre dynamique. Ensuite, on verra. C’est trop loin actuellement (sourire).
Sinon, juste au cas où, vous avez appris les paroles de la Marseillaise ?
(Rires) Pas encore. Mais promis, dans les trois prochains jours, je vais l’apprendre !

