Richard Sette, journaliste sportif, incarne la passion du rugby et de Castres. Originaire de la région parisienne, il a choisi le Tarn comme point d’ancrage. Son attachement pour le Castres Olympique résonne à chaque commentaire, comme lors de la victoire historique face au Munster, samedi dernier.
Il n’est pas né au bord de l’Agout, mais il en parle comme d’un enfant du pays. À 44 ans, Richard Sette est devenu l’une des voix familières du sport à la télévision. Journaliste pour le groupe BeIN Sports, commentateur de rugby et de football, il partage aujourd’hui sa vie entre Paris et Castres, la ville qui l’a vu grandir à partir de l’adolescence et qu’il n’a jamais vraiment quittée.
Son histoire commence pourtant loin du Tarn. Originaire de la région parisienne, Richard Sette passe une partie de sa jeunesse à l’étranger, au gré des mutations professionnelles de son père. Trois années à Moscou, puis une à Varsovie. “J’ai grandi dans des villes immenses, très différentes de Castres. Quand je suis arrivé ici à 17 ans, forcément, ça surprend”, reconnaît-il. Mais la surprise laisse vite place à l’attachement. “Ce qui m’a frappé tout de suite, c’est la gentillesse des gens. La simplicité des rapports. On dit bonjour, on prend le temps.”
Installée dans le Tarn après un coup de cœur familial pour la région, la famille Sette pose ses valises à Castres. Richard y termine ses années de lycée, sans encore mesurer l’importance du rugby dans la vie locale. “Je ne connaissais quasiment rien à ce sport. Dans les pays où j’ai vécu, le rugby n’existait pas.” Jusqu’à ce fameux déjeuner en ville, le jour de son arrivée. “Le serveur nous a parlé du CO comme si c’était une évidence. Pour moi, ça ne voulait rien dire. Mais j’ai vite compris que ce club faisait partie de l’ADN de la ville.”
Étudiant à Toulouse dans une école adaptée aux sportifs de haut niveau, il se destine déjà au journalisme. Il y croise notamment Mathias Rolland, alors joueur et futur manager du Castres olympique. “À l’époque, on ne se doutait pas qu’on se retrouverait, des années plus tard, chacun dans nos fonctions actuelles”, sourit-il.
“J’aime parler de la ville, des gens, des lieux que seuls les Castrais connaissent. C’est une manière de rendre hommage à ce territoire.”
Le Castres Olympique occupe aujourd’hui une place à part dans le cœur du journaliste. “Commenter le CO, surtout en Coupe d’Europe, c’est toujours spécial. C’est le seul moment où je peux assumer pleinement mon côté supporter. Ce sont mes meilleurs moments de l’année.” Le titre de champion de France en 2018 reste gravé. “J’étais à Paris, devant ma télé. Voir Castres gagner, voir Mathias Rolland en larmes… c’était très fort.”
À l’antenne, Richard Sette revendique cette proximité et son attachement pour Castres. “J’aime parler de la ville, des gens, des lieux que seuls les Castrais connaissent. C’est une manière de rendre hommage à ce territoire.” Une approche qui trouve un écho auprès des supporters, fiers d’entendre leur club et leur ville mis en lumière au niveau national. C’était d’ailleurs lui aux commentaires de l’exploit face au Munster : sa passion au micro a plu aux supporters castrais, comme en témoignent les nombreux messages en sa faveur après la victoire historique.
“Ici, je me ressource”
Pour BeIN, Richard Sette enchaîne les matches de Ligue 2, de rugby, de championnats étrangers et les tournages de documentaires, notamment autour du football anglais. Une vie bien remplie, rythmée par les week-ends et les déplacements. “Ici, je me repose. Je me ressource. Je fais les allers-retours, mais Castres reste mon point d’ancrage, où j’habite.”
S’il vit entre deux mondes, le journaliste n’hésite jamais quand on lui demande d’où il vient. “À Paris, je dis que je suis Castrais. Je ne suis pas né ici, mais j’ai choisi Castres. Et ça, ça compte.” Un Tarnais d’adoption, profondément attaché à sa ville, à son club et à cet art de vivre qui l’a définitivement séduit.


