March 20, 2026

CAN 2025 : "Sûr et certain que la décision va être cassée", un avocat du Gers au cœur du combat judiciaire après la victoire du Maroc sur tapis vert

l’essentiel
La Fédération sénégalaise va faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) suite à la victoire du Maroc sur tapis vert, en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Inscrit au barreau du Gers, son avocat Patrick Kabou a bon espoir d’obtenir gain de cause. Explications.

Deux mois après son dénouement rocambolesque sur la pelouse du stade Prince Moulay Abdellah, à Rabat, la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 joue les prolongations sur le terrain judiciaire.

Le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a en effet créé la sensation ce mardi 17 mars en accordant la victoire sur tapis vert (3-0) à l’équipe du Maroc, en application des articles 82 et 84 du règlement de la CAF. Pour rappel, certains joueurs sénégalais avaient momentanément quitté le terrain durant le match pour protester suite à une décision arbitrale, un fait de jeu susceptible d’entraîner le forfait de l’équipe concernée selon le règlement.

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Suite à ce retournement de situation, la Fédération sénégalaise de football a annoncé vouloir engager “dans les plus brefs délais” une procédure d’appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), une organisation indépendante basée à Lausanne (Suisse) et “chargée de résoudre les litiges sportifs dans le monde entier”.

Inscrit au barreau du Gers, l’avocat Patrick Kabou représente les intérêts de la Fédération sénégalaise dans ce dossier. Il conteste fermement la décision de la CAF, qu’il juge “contradictoire”. Me Kabou s’explique : “Elle s’appuie sur les articles 82 et 84, alors que le règlement de l’IFAB donne à l’arbitre la primauté sur tout*. Une fois qu’un match va à son terme, on ne peut plus parler de forfait et le résultat est entériné.”

“Je suis sûr et certain que cette décision va être cassée”

Pour l’avocat gersois, la défaite du Sénégal aurait donc dû être actée sur le terrain, et non en dehors. “Quand les joueurs sénégalais sont sortis du terrain, il revenait à l’arbitre, à leur retour sur le terrain, de donner à chacun d’entre eux un carton jaune, ce qui n’a pas été fait. Dans son compte rendu, il n’est pas fait mention de cet épisode. L’arbitre indique que le match a repris et que c’est le Sénégal qui a gagné. Le jury d’appel de la CAF ne peut pas se substituer à l’arbitre qui est le maître du jeu. Pourquoi les Marocains ont tiré le penalty s’il y avait forfait ? Ils n’auraient pas dû reprendre le match et faire constater le forfait.”

Maître Patrick Kabou devant le tribunal judiciaire d’Auch, ce jeudi 19 mars.
Maître Patrick Kabou devant le tribunal judiciaire d’Auch, ce jeudi 19 mars.
DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

Au-delà du règlement, Patrick Kabou met la CAF face à ses propres contradictions : “Ce qui est drôle, c’est que la commission de discipline de la CAF a félicité l’arbitre après la rencontre. La CAF, c’est comme le dollar, ça monte et ça descend en fonction des fluctuations”.

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L’avocat gersois conteste par ailleurs la conformité du jury d’appel : “Celui qui a décidé de sa composition ne peut plus être secrétaire général de la CAF car il a dépassé la limite d’âge**. Ce sont des irrégularités aussi bien sur la forme que dans le fond”.

Dans ces circonstances, Me Kabou a bon espoir d’obtenir gain de cause et de voir le Sénégal récupérer le trophée. “On va saisir le TAS, au plus tard en début de semaine. Je suis sûr et certain que cette décision va être cassée. Il y a des jurisprudences récentes et constantes du Tribunal arbitral du sport qui vont dans ce sens”, conclut-il. La finale de la CAN n’a donc peut-être pas encore livré son (ultime) verdict.

(*) L’International football association board (IFAB) est l’instance qui détermine les règles du football (ou Lois du jeu). Selon la loi 5, “les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives, y compris la validation d’un but et le résultat du match.” L’IFAB précise : “Les décisions de l’arbitre et de tous les autres officiels de match doivent toujours être respectées”.
(**) Secrétaire général de la CAF, Véron Mosengo-Omba est âgé de 66 ans, les statuts de la CAF fixant pourtant l’âge limite de ses employés à 62 ans. Il a bénéficié d’une prolongation de trois ans, accordée par le président de la CAF Patrice Motsepe, mais celle-ci a expiré en octobre dernier.

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