March 20, 2026

"Je suis un gros con" : sa jalousie déborde en avalanche de menaces, il comparaît menottes aux poignets

l’essentiel
Convaincu que sa compagne avait une liaison, il a harcelé l’ex-amant et tentait de le retrouver de nuit pour le “fracasser”. Le tribunal d’Auch (Gers) l’a condamné ce jeudi 19 mars à six mois de prison avec sursis.

Rémi* arrive entre deux gendarmes dans la salle du tribunal d’Auch, menottes aux poignets, encore dans la tenue du magasin où il travaille à Mirande.

Présenté en comparution immédiate, le jeune homme doit répondre d’une avalanche de messages menaçants adressés à sa compagne, mais qui visaient son ex-amant.

Jaloux, il “pète un câble”

Les faits s’étalent du 12 au 17 mars dernier. Rémi et Maude sont ensemble depuis environ trois mois. Une relation devenue vite houleuse, avec une première séparation suivie d’un rabibochage précaire. Rémi est persuadé que sa compagne, plus âgée d’une dizaine d’années, a gardé contact avec son ex, un homme marié. Le 12 mars, après avoir fouillé le portable de Maude, Rémi, de son propre aveu, “pète un câble”. La dispute cette fois est définitive.

Et pour Rémi, le responsable, c’est Rémi 2 (car l’ex-amant se prénomme comme lui). Il va entamer une correspondance jalouse avec Maude sur WhatsApp, dont la présidente Faure va donner quelques extraits. Parfois violents : “Je vais le fracasser, l’handicaper à vie.” “Je vais prendre un pied sans nom à lui péter les jambes.” Parfois dignes d’un roman Harlequin : “Tu m’as brisé le cœur, je vais te briser le tien aussi.” Maude reçoit ainsi plus de 110 messages en un mois, des menaces dirigées contre Rémi 2. Elle a prévenu cet homme, qui porte plainte lui aussi.

Mais Rémi ne s’arrête pas à des déclarations. Ainsi, il monte une expédition avec deux comparses pour “casser la gueule” à Rémi 2 chez lui dans la nuit du 16 au 17 mars, non sans prévenir au préalable Maude de ses intentions. Expédition ratée : Rémi ne trouve pas la bonne maison. De la même façon, Rémi va jusqu’à se procurer les actes de naissance des enfants de l’ex-amant pour dévoiler à sa femme les turpitudes de son mari.

“Pourquoi avoir continué ?”

“Vous ne lâchez pas l’affaire, s’étonne la présidente. Quel intérêt trouvez-vous à raconter cela à sa femme ?” Rémi admet que “c’était juste pour emmerder” son supposé rival. Il assume pleinement les faits, leur gravité comme leur puérilité. “Pourquoi avoir continué, alors ?” le reprend la présidente. “Parce que je suis un gros con”, avoue Rémi.

Le parquet ne cache pas que cette affaire lui semble bien mince pour une comparution immédiate. D’ailleurs, Rémi avait déjà accepté la peine demandée : six mois avec sursis simple, car il n’a pas de casier à part une infraction routière, et l’interdiction de contact avec les plaignants. Même les soins lui semblent superflus. “Le suivi judiciaire a sans doute mieux à faire.”

Me Rigal insiste : son client a été secoué par sa garde à vue, et son interpellation en plein travail va sûrement lui valoir une perte d’emploi. La peine lui convient très bien. D’autant que les plaignants ne demandent rien, à part un retour à la tranquillité.

Le tribunal a suivi les réquisitions de bout en bout, mettant un point final à ces amours tumultueuses qui auront bien occupé la justice.

*Les prénoms ont été modifiés

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