Sur son exploitation bio à Loubajac, Julia Aubert cultive une vingtaine de variétés de fleurs comestibles pour les restaurateurs locaux. Sa production a triplé en 2025 et continue de croître.
On les retrouve dans notre assiette au restaurant et, souvent, on les laisse de côté… À tort, car elles sont parfaitement comestibles et regorgent de saveurs ! Contrairement à ce que beaucoup d’entre nous peuvent penser, les fleurs n’ont pas qu’un intérêt esthétique : elles se mangent aussi. D’autant plus lorsqu’elles sont cultivées en bio et localement.
Depuis deux ans maintenant, sur les hauteurs de Loubajac, Julia Aubert a créé sa propre exploitation. Ou plutôt son “jardin comestible”, puisque la jeune agricultrice de 30 ans a la particularité de ne cultiver que des fleurs qu’elle vend à des restaurateurs de la région.
“Mes parents tenaient un restaurant donc je connais bien ce milieu, raconte la Vauclusienne, qui vit désormais à Lourdes. Lorsque je travaillais en restauration du côté de Montpellier, j’ai cherché des fleurs pour décorer les assiettes. Et je n’en ai pas trouvé en local, ni en bio. Donc je me suis dit : pourquoi ne pas le faire moi ?”
Une production en forte hausse
Julia a ainsi suivi une formation au CFPPA de Pamiers, en Ariège, afin de lancer sa propre exploitation. Puis, la jeune agricultrice s’est installée dans la région en trouvant un terrain idéal de deux hectares à Loubajac, au pied des Pyrénées. La première année, en 2024, s’est avérée assez laborieuse… Pas de quoi décourager pour autant la trentenaire qui a triplé sa surface de production en 2025 et qui envisage désormais de la doubler en 2026.
“L’objectif est de produire suffisamment pour que je puisse vivre de cette activité, annonce Julia, qui travaille toujours dans la restauration en parallèle. Actuellement, je cultive une vingtaine de variétés de fleurs sur environ 3 500 m2 : des bleuets, des cosmos, des capucines ou encore de l’ail d’Afrique, parmi les plus connues…”
Une production 100 % bio que l’agricultrice assure elle-même de A à Z : de la plantation à la vente, en passant par la récolte ou la mise en barquette… Sous l’appellation “La Canopée”, le nom donné à son entreprise agricole, Julia fournit aujourd’hui huit restaurants, tous sur Tarbes. Et espère en démarcher d’autres, ainsi que des traiteurs et des pâtissiers, au fur et à mesure que son activité se développe.
Véritable intérêt gustatif
“Les fleurs, ce n’est pas que de la décoration, affirme-t-elle. Elles ont aussi un véritable intérêt gustatif. Par exemple, certaines variétés peuvent avoir le goût du fruit de la passion, de la pomme ou encore de la citronnelle… C’est intéressant pour un chef cuisinier !”
Depuis quelques semaines, Julia Aubert a également été sélectionnée dans la première promotion d’Incoplex Pyrénées, l’incubateur à impact implanté à Lourdes, au niveau de l’ancien office de tourisme de la place Peyramale. Comme cinq autres entrepreneurs, elle bénéficie ainsi d’un accompagnement pour booster le développement de La Canopée, son entreprise. D’ailleurs, l’agricultrice envisage d’élaborer à l’avenir divers produits à partir des fleurs comestibles qu’elle cultive : des boissons, du pesto, des gelées, des tartinables… Autant de transformations végétales qui, à n’en pas douter, devraient séduire le plus grand nombre.

