January 20, 2026

"Quelques hivers qu’on n’avait pas connu ça" : Pourquoi le tunnel d’Aragnouet-Bielsa est encore fermé et comment le sécurise-t-on

l’essentiel
Depuis samedi soir, et comme le week-end précédent, le seul axe transfrontalier des Hautes-Pyrénées est fermé, en rason du risque avalancheux. Il devrait rouvrir ce mardi en fin de matinée. Gros plan sur sa sécurisation.

Ce n’est pas l’axe enjambant les Pyrénées, entre France et Espagne, le plus fréquenté. Environ 800 véhicules, dont 10 % de camions, empruntent quotidiennement le tunnel d’Aragnouet-Bielsa. Une fréquentation qui peut doubler suivant l’activité touristique notamment, les week-ends et durant les vacances.

Mais depuis samedi soir, aucun véhicule ne passe la frontière par cet itinéraire, fermé en raison du risque avalancheux. Attendue ce lundi matin, la réouverture du tunnel transfrontalier n’interviendra pas avant ce mardi en fin de matinée et la tenue d’une nouvelle commission de sécurité à Aragnouet. “Ce week-end on n’attendait pas autant de neige. Les prévisions annonçaient 30 cm, on a eu le double, note Andres Olloqui, le directeur du GECT, la structure qui gère les 3 km du tunnel mais aussi 6 km côté français (depuis le pont des Templiers) et 5 km versant espagnol (jusqu’à l’ancienne douane). Nous avons mis en action tous nos engins pour assurer la viabilité de la route au maximum. Mais après une première petite coulée, le risque avalancheux était trop important et nous avons décidé de fermer à 19 heures, afin de permettre aux gens de rentrer chez eux avant.” Un manteau trop instable “avec encore une probabilité de coulées” ce lundi matin pour espérer rouvrir en toute sécurité.

Car l’accès au tunnel est parsemé de pas moins de 25 versants avalancheux de chaque côté. Parmi eux, une demi-douzaine sont les plus actifs et dangereux. Si sur le versant français, c’est le maire d’Aragnouet qui est décisionnaire pour la sécurité des biens et des personnes, en Espagne, c’est le sous-directeur des routes du département de Huesca qui tranche. “Sur le Pida (Plan d’intervention et de déclenchement des avalanches) d’Aragnouet, nous avons sept exploseurs gazex fixes pour déclencher et purger les versants les plus dangereux, décrit le directeur. Nous assurons la maintenance, l’alimentation en oxygène et propane, mais aussi la logistique opérationnelle de ces équipements. Par ailleurs, nous avons un contrat avec un nivologue pour apprécier la situation. Dès 30 cm de neige fraîche nous tirons. Mais on peut aussi déclencher sur les recommandations du nivologue dans le cadre du Pida.” Une deuxième procédure peut même être engagée, avec des grenadages par hélicoptère, opérés cette fois par les artificiers de la station de Piau-Engaly. “Il n’y en a eu que deux sur les dix dernières années” précise Andres Olloqui. Côté espagnol, plus stable, pas d’avalancheur mais des dispositifs comme des paravalanches.

“La sécurité prime…”

Et cette année donc, deux fermetures successives, durant les deux derniers week-ends. “Cela fait quelques hivers qu’on n’avait pas connu ça, appuie le directeur du GECT. On essaie d’anticiper au maximum les éventuelles fermetures, en fonction de l’évolution des conditions que nous transmet le nivologue. L’objectif est d’informer les usagers au plus tôt, sur notre site internet ou sur les panneaux en bord de route. On connaît tous nos responsabilités en cas d’accident. En cela, nous n’avons pas vraiment de pression qui prévale sur la sécurité. Bien sûr, ça nous fait mal au cœur de fermer cet axe, même en semaine avec tous les gens qui l’utilisent pour le travail. Mais la sécurité prime. C’est une exigence qu’on s’applique et que l’on doit aux usagers. J’ai déjà vu des avalanches avaler la route, sur plus de 30 mètres. Mais c’est vrai qu’on n’avait pas vécu de situation à répétition comme ça depuis quelques hivers…”

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