January 26, 2026

L’Algérie s’en prend à l’émission "Complément d’enquête" et vise le gouvernement français

l’essentiel
La diffusion d’un numéro de Complément d’enquête sur France 2 consacré à “la guerre secrète France-Algérie” a provoqué une vive réaction d’Alger. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé une “véritable agression contre l’État algérien” et convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France.

La diffusion d’un numéro de l’émission, le 22 janvier à 23h, Complément d’enquête consacré à “la guerre secrète France-Algérie” a créé la polémique en Algérie. Le ministère des Affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, a convoqué le samedi 24 janvier, le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger, dénonçant un programme qu’il qualifie de “tissu de contre-vérités profondément offensantes et inutilement provocatrices” et de “véritable agression contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles”, selon le Monde.

“France 2 ne se serait jamais autorisé une telle agression sans la complicité ou, à tout le moins, l’assentiment des autorités françaises”, indique le communiqué officiel d’Alger.

Une émission qui fait polémique

Intitulé “Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie”, le numéro de Complément d’enquête devait décrypter les relations diplomatiques tendues entre Paris et Alger. Il a notamment mis en avant les déclarations de l’influenceur Amir Boukhors, alias Amir DZ, figure très controversée en Algérie, qui y a qualifié le président Abdelmadjid Tebboune de “voyou”. La participation de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a également été critiquée par Alger.

D’après le Monde, avant même la diffusion de l’émission, l’agence de presse officielle algérienne APS avait dénoncé, sur la base d’une bande-annonce, “un intitulé racoleur” et un média public français accusé d’avoir “troqué l’exigence journalistique contre les thèses les plus rances de l’extrême droite française”. L’APS s’en est pris, sans les nommer, à l’ancien ambassadeur de France à Alger Xavier Driencourt et à Amir DZ, le premier décrit comme “atteint d’une véritable pathologie obsessionnelle nommée “Algérie”, le second comme “dealer de drogue, maître chanteur et voyou sans légitimité intellectuelle”.

Des relations déjà tendues

La tension diplomatique entre Paris et Alger ne date pas de cette émission. Elle s’est accentuée depuis l’été 2024, après le soutien par Emmanuel Macron à l’initiative marocaine sur l’autonomie du Sahara occidental, suivie par le rappel de l’ambassadeur algérien à Paris.

D’autres incidents ont exacerbé le conflit, notamment l’arrestation en novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié après un an de prison, ainsi que la condamnation en décembre du journaliste sportif français Christophe Gleizes à sept ans de prison ferme en Algérie.

source

TAGS: