Depuis quelques jours, les départs de feu sur les tas de pneus et de foins déposés par les agriculteurs sur le rond-point de l’Hermet, près d’Albi, se multiplient. Avec des dégagements d’odeurs qui gagnent la zone résidentielle proche du giratoire et inquiètent certains riverains.
La scène devient quotidienne. Ce dimanche, aux alentours de 10 h 30, depuis le rond-point de l’Hermet, près d’Albi (Tarn), un important panache de fumée noire se dégage du foin et des pneus laissés par les agriculteurs sur le site, en signe de contestation contre le protocole sanitaire pratiqué par l’État pour endiguer la dermatose nodulaire.
Rapidement, pompiers et policiers sont sur place. La circulation est réduite sur une voie, le demi-tour rendu impossible sur le giratoire. Un camion équipé d’un canon à eau asperge copieusement le brasier. Le feu est circonscrit en quelques minutes, une intervention sans gravité. Mais le temps du déploiement, une odeur âcre a déjà envahi la chaussée et un très léger vent pousse les fumées vers le quartier résidentiel situé à une centaine de mètres de la nationale, incommodant les riverains.
“Ça pique le nez”, confirme une voisine du rond-point dont le brasier est visible depuis son perron. Vendredi dernier déjà, elle avait constaté un autre départ de feu, venant du même dépôt. “On le sent dès qu’on ouvre la porte, c’est insupportable”.
“L’odeur est dangereuse”
Parmi les maisons individuelles, d’autres voix se font entendre. Sur les réseaux sociaux, Pauline, une riveraine du rond-point, exprime son exaspération. “Depuis deux nuits, on est intoxiqués par les fumées des feux de pneus. Impossible de dormir ou de sortir, même dans la maison l’odeur est insupportable, voire dangereuse pour la santé”.
Des départs de feu à répétition que les employés de la boulangerie située au bord du rond-point constatent depuis le jour du réveillon de Noël. “C’est depuis le 24 décembre, relate Anaïs. Le feu cesse puis reprend. Les pompiers sont appelés à chaque fois. Ça monte ensuite jusqu’à Carmaux et Saint-Benoît-de-Carmaux, je les sens jusque chez moi”.
“Le 26 décembre, il y avait un nuage noir, on ne voyait même pas la route”, ajoute sa collègue Candie. En plus de la forte odeur, ces fumées demandent aux salariés une vigilance toute particulière. “Lorsque les clients entrent et ouvrent la porte, il peut y avoir de la suie qui entre”.
En attendant le déblayage
Des départs de feu aussi soudains qu’inattendus, compte tenu du fait que la mobilisation a cessé sur le rond-point et que seuls les dépôts restent stockés sur le talus au milieu du rond-point. Les riverains interrogés affirment n’avoir vu “personne” près des tas de pneus avant les premières flammes.
“C’est une combustion chimique, conclut Anaïs. Le fumier et l’engrais, c’est le cocktail parfait”. Seule solution pour l’instant : attendre que les opérations de nettoyage soient terminées sur le rond-point. Elles ont démarré vendredi tout autour de la N88 et doivent se poursuivre en ce début de semaine.

