Colomiers a remporté vendredi face à Oyonnax (24-23) une partie bien mal embarquée, en inscrivant 17 points en moins de dix minutes dans le final. Même les acteurs avaient du mal à le concevoir. Ils reviennent sur ce scenario incroyable.
Quand le stade exulte de la sorte au coup de sifflet final, c’est que même les acteurs ont vécu une soirée à part. Le visage d’Aurélien Béco exprimait ce sentiment mêlé entre la joie, la surprise et la satisfaction d’avoir remporté un match qui n’était, à la base, aucunement destiné aux siens (24-23, alors qu’il y avait 7-23 à la 70e). « On ne peut pas expliquer l’inexplicable, réagissait-il, tout sourire. Ils y ont cru, ont senti petit à petit que c’était possible. Et le fait de ne pas lâcher, cette force de caractère a fait le reste. »
Rodrigo Marta, avec son flegme caractéristique, racontait « la folie » des dix dernières minutes : « On a juste envoyé du jeu, ce qu’on aurait dû faire depuis le début. » Le trois-quarts centre précisait : « En marquant le premier essai, ça pouvait tout débloquer. Et avec tout le soutien qu’on avait, on sentait les supporters avec nous, qui y croyaient, et qui nous ont aidé à y croire aussi. »
L’international portugais était directement impliqué dans ce sursaut d’orgueil, avec une percée qui amenait, plus tard, à l’essai de Séguéla (74e), le deuxième de ce money-time fou. « Étant un peu avant les 40 mètres, on savait qu’on voulait jouer. J’ai pris l’intervalle. Je n’ai peut-être pas joué le coup de la meilleure façon ; j’ai donné la passe très tôt, j’avais un soutien intérieur… Au final, on marque. »
« On a tous repris espoir »
Le momentum était là, comme ressenti également par Jérémy Béchu, revenu en jeu à la 67e. « L’apport du banc nous a fait du bien et nous a remis un coup de boost. Et au moment où on a marqué ce deuxième essai, le public a commencé à s’enflammer. On a tous repris espoir. Là, il fallait jouer le coup à fond ! » Et le troisième ligne de revenir sur son essai (78e), synonyme de victoire columérine. Une action qui a suscité l’ire du staff aindinois. Alors, a-t-il aplati une première fois le ballon, en coin, avant d’aller sous les poteaux ? « Je ne sais pas, je ne me rends pas compte, je tombe et j’essaie de me relever le plus vite possible pour aller entre les poteaux. Je pense que j’ai ma main en dessous, mais je ne sais pas vraiment. »
Contestée ou pas, cette victoire « valide » celle obtenue à Aurillac, d’un point également, comme le souhaitaient joueurs et staff. Aussi, elle confirme que le groupe a passé un cap, dans ces matchs à domicile « sous tension ». Fini les déconvenues subies contre Vannes et Aix, désormais, Colomiers, comme face à Valence-Romans, montre ses ressources mentales. Et dans des championnats aussi longs que la Pro D2, ce n’est pas du luxe.

