Valérie Rabault, la présidente de la commission finances au conseil départemental de Tarn-et-Garonne, a présenté le rapport d’orientations budgétaires du Département lors de la séance plénière du jeudi 15 janvier 2026. Malgré les incertitudes, l’élue de Piquecos a notamment souligné que “le plan de relance” mis en place par la majorité “permet d’avoir un fil conducteur” sur les investissements.
C’est une figure imposée. Avant chaque vote du budget primitif (BP), les élus du conseil départemental de Tarn-et-Garonne doivent débattre des orientations budgétaires (OB) présentée par la majorité (PRG-PS) menée par le président Michel Weill.
Dans son discours d’introduction, l’ancien maire de Montbeton a rappelé “le choix de la responsabilité, de la stabilité et de la lisibilité” de sa majorité. “Le budget 2026 a été construit dans ce même esprit même si l’exercice s’inscrit dans un contexte particulièrement dégradé. Les Départements ont perdu leur autonomie fiscale, ne lèvent plus d’impôts – 5 % des recettes aujourd’hui contre 30 % il y a dix ans –, alors que nos dépenses, notamment sociales, explosent du fait des crises et des mesures gouvernementales”, a insisté Michel Weill.
Les dépenses sociales, 70 % du budget départemental
“Dans le même temps, note le président, les dépenses sociales sont passées de 53 à près de 70 % des budgets départementaux. Mais jamais nous ne renoncerons à notre rôle de bouclier social. Nous ferons des choix responsables, jamais au détriment de l’humain”, a martelé le président.

Comme d’habitude, c’est Valérie Rabault, la présidente socialiste de la commission des finances, qui s’est prêtée à l’exercice, jeudi 15 janvier 2026. Mme Rabault a introduit son propos par un point sur le contexte national, marqué par une forte inflation et un déficit conséquent de l’État, et en dénonçant l’absence de vote du projet de loi de finances (PLF) qui “rend l’horizon encore plus compliqué de d’habitude”, a-t-elle commenté. Selon son “impact possible”, Mme Rabault anticipe une baisse de revenus de 3,7 millions d’euros par rapport à l’année passée.
1 100 enfants placés à la protection de l’enfance
Déjà, en 2025, le budget de fonctionnement avait souffert du “point d’inflexion entre recettes et dépenses, le fameux effet ciseau, qui nous affecte depuis 2024 contre 2023 pour les autres départements. Des mesures ont néanmoins été prises pour ralentir les dépenses de fonctionnement, pour la première fois, sans entamer la solidarité pour cela fait partie de nos missions obligatoires”, a rappelé Valérie Rabault.
Dans ses compétences, la protection de l’enfance est une valeur cardinale mais qui prend de plus en plus de place. “Le nombre d’enfants suivis (2000) a augmenté de 700 par rapport à 2015 (1300), a soulevé Mme Rabault. Au total, 1 100 enfants sont placés, c’est 400 de plus qu’il y a dix ans. C’est une hausse de 23 millions d’euros (+ 85 %), soit la première politique du conseil départemental, passant de presque 30 à plus de 50 M€. C’est une évolution inquiétante et qui dit beaucoup de l’évolution de notre société. Il faut que l’on réfléchisse à comment faire en sorte que leur situation soit la mieux prise en charge”, s’inquiète Mme Rabault.
Le plan de relance, “une boussole”
Au rayon des investissements, Valérie Rabault les estime entre 45 et 50 millions d’euros, après avoir atteint 57 M€ en 2025. “Depuis 2025, cela représente 247,8 millions d’euros. Et nous sommes en avance par rapport à notre plan d’investissement qui chiffrait à date 228,57 M€. Cela prouve que l’investissement a été très dynamique et je remercie ce plan de relance [porté par Jean-Michel Baylet] qui nous permet d’avoir un fil conducteur”, a salué l’ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale.
Interrogée à ce sujet par Mathieu Albugues, Mme Rabault note que ce plan de 400 millions d’euros “répond à une critique de la Chambre régionale des comptes dans son rapport de 2020 qui disait qu’il n’y avait pas de plan pluriannuel d’investissement (PPI). C’est important d’avoir une boussole pour savoir où on va.”
Des “rattrapages” dans les collègues et sur les routes
Dans le détail, un “rattrapage” a été fait dans les collèges, “passant de 22 en 2021 à 41 euros par habitant en 2024”, analyse la “ministre des finances” du Département. Une mesure saluée par Dominique Sardeing, vice-présidente en charge du dossier. Valérie Rabault pointe aussi favorablement des dépenses de 127,8 millions d’euros sur les routes entre 2022 et 2024, “un rattrapage important” là encore, malgré “une économie de 13 M€ en 2025 par rapport à 2024”, est intervenu Jean-Luc Deprince, concerné à ce sujet.
Surtout, elle salue une dette “à 185 M€, qui est un peu remontée mais qui se situe dans une baisse régulière depuis notre arrivée en 2021, avec un objectif pour l’instant maintenu d’arriver à 175 M€ à la fin du mandat”, même si elle admet que “cela peut être remis en question au regard de la conjoncture”.
Sans surprise, l’ensemble des groupes d’opposition a voté contre. Ce qui n’a pas empêché la majorité (16 voix) d’adopter ce rapport d’orientations budgétaires. Rendez-vous est désormais pris pour le budget primitif (BP) pour la séance du jeudi 12 février 2026.

