Les urgences françaises sont en surchauffe en ce début d’année 2026, notamment à cause de la grève des médecins libéraux, la grippe et les intémpéries.
“Du jamais-vu depuis le Covid”. Que ce soit à l’hôpital de Toulouse ou de Brest, mais pas seulement, le constat est le même. En ce début d’année 2026, les urgences françaises sont à bout de souffle. Et ce pour plusieurs raisons : grève des médecins libéraux (du 5 au 15 janvier inclus), épidémie de grippe ou encore la récente vague de froid sur l’ensemble du pays.
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Selon le syndicat Samu Urgences de France, c’est ainsi une hausse de 30 à 50 % qui a été constatée concernant les appels au Samu en début d’année. Une situation inédite depuis la pandémie.
Malgré un contexte compliqué, la Fédération hospitalière de France, qui regroupe les hôpitaux publics français, affirme “tenir bon” tout en indiquant que la situation restait “gérable”, selon les dires de Vincent Ollivier, responsable adjoint de l’offre à la FHF. Qui admet néanmoins une situation “fragile en matière de saturation de lits, notamment en médecine pour les personnes âgées”.
“Il y a une faible disponibilité en lits d’aval” des urgences, avec “une difficulté à organiser les sorties vers les Ehpad ou les établissements de soins médicaux et de réadaptation”, a-t-il précisé ce mardi 13 janvier lors de la conférence de presse annuelle de la FHF.
28 “plans blancs”, 108 établissements “en tension”
Dans le détail, l’organisation a recensé 28 “plans blancs” – le dispositif de crise – dans les hôpitaux publics dans la semaine du 5 au 11 janvier, alors que 108 établissements étaient “en tension”. Dans le détail, 49 % des établissements ont connu une hausse d’activité de leurs services d’urgence ces derniers jours.
D’après les responsables de la FHF, la grève actuelle des médecins libéraux ne représente que le troisième facteur de surcharge des hôpitaux publics, derrière les épidémies et les intempéries.
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Sur le terrain, “les équipes font face”, comme a pu l’expliquer à La Dépêche du Midi, le Professeur Sandrine Charpentier, cheffe du pôle urgences du CHU de Toulouse. De nombreux médecins se sont mobilisés pour examiner les patients, les trier. Les paramédicaux sont tous là. On sent une dynamique d’entraide très forte.”
“Sous l’eau”
Et cette dernière de préciser : “Nous avons effectué plus de 540 passages en 24 heures. Lundi soir (12 janvier), nous sommes montés jusqu’à 117 patients couchés aux urgences de Purpan et 80 à celles de Rangueil. Ce mardi s’annonce de la même veine. À 14 heures, nous venons de faire 15 entrées en 20 minutes. Nous n’avions jamais été confrontés à une telle situation, même pendant le Covid.
“On sent qu’il y a du monde partout, qu’ils sont complètement sous l’eau même s’ils font tout ce qu’ils peuvent”, relate de son côté Jean-Philippe, un patient aux urgences de Brest (Finistère) qui témoigne auprès de France 3, où le plan a été déclenché, comme à Toulouse. Un constat qui avait déjà été fait par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui a fait état, il y a quelques jours, d’une “tension dans tous les services d’urgence du pays”.

