Alors que les discussions reprennent à l’Assemblée nationale, le budget 2026 reste en suspens. Le gouvernement pourrait, pour la première fois, recourir au 49.3 ou aux ordonnances pour le faire adopter, alors que les Français sont majoritairement contre.
L’adoption du budget pour 2026 reste toujours incertaine. Les débats ont repris à l’Assemblée nationale, mais aucune issue n’est encore en vue. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a toujours exclu le recours au 49.3, mais cette position pourrait être remise en question si les discussions s’enlisent, ouvrant également la voie à l’utilisation d’ordonnances.
Selon un sondage Elabe relayé par BFM ce 14 janvier, une majorité de Français se dit opposée à ces mesures exceptionnelles : 69 % souhaitent que les débats se poursuivent à l’Assemblée, même si cela retarde l’adoption du budget et comporte un risque qu’il ne soit pas adopté. Cette opinion est particulièrement forte chez les électeurs du Nupes (81 %) et du RN (78 %). À l’inverse, 30 % des personnes interrogées jugent que le gouvernement doit passer par le 49.3 ou les ordonnances pour faire voter le budget.
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Deux motions de censure rejetées
Mercredi 14 janvier, Sébastien Lecornu a dû faire face à deux motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national dans le cadre des débats sur le Mercosur. Les deux ont été rejetées. La motion du RN a recueilli 142 votes, loin des 288 nécessaires pour renverser le gouvernement. “Le PS et LR se sont à nouveau offerts à la macronie pour l’autoriser à survivre”, a réagi Jordan Bardella, chef du parti.
La motion déposée par La France insoumise a été rejetée avec 256 votes pour, également insuffisant pour faire tomber le gouvernement. Après ce vote, le Parti socialiste a adressé une lettre à Sébastien Lecornu demandant au Premier ministre de “faire usage de toutes les prérogatives de la France pour bloquer” le traité avec le Mercosur, a précisé Olivier Faure, secrétaire du PS.
Pour sa part, le Premier ministre dénonce des “tentatives de sabotage interne” en pleine période de “dérèglements internationaux”. Les débats dans les prochains jours s’annoncent cruciaux.

