January 14, 2026

Municipales 2026 à Toulouse : comment les candidats quadrillent la ville

l’essentiel
À deux mois du scrutin, les principaux candidats aux municipales sont désormais tous sur le terrain. Un moment incontournable pour convaincre les électeurs. Voici leurs stratégies pour quadriller la ville.

Qui veut le Capitole prévoit de bonnes chaussures. À l’heure de la communication tous azimuts sur les réseaux sociaux, le contact direct avec les électeurs reste au cœur de la campagne des municipales. À en croire les candidats, la rencontre des Toulousains sur les marchés, lors des tractages et surtout les porte-à-porte est incontournable. C’est l’épreuve de vérité, car, selon tous, c’est ici que se gagne une élection. Depuis quelques jours, les équipes des principaux candidats sont toutes en lice. À deux mois du scrutin débute le face-à-face avec les électeurs.

“Une campagne se fait presque essentiellement sur le terrain. Parce que c’est d’abord un dialogue”, avance Vincent Gibert, directeur de campagne de François Briançon (PS). Ça a toujours été au cœur de notre démarche. L’enjeu est de mobiliser.” Et malgré l’individualisme ambiant, il existe bien un espace de discussion. “Quand on va sur le terrain, beaucoup de gens nous parlent des sujets des municipales”, observe Sacha Briand, directeur de campagne de Jean-Luc Moudenc. Loin d’être indifférents, les Toulousains entrent aussi dans le match.

Pour occuper le terrain, il faut des militants. Ce qui n’est jamais gagné. Avec un “réservoir” de 400 à 500 personnes, dont au moins 300 mobilisables à l’instant T, Sacha Briand revendique la première place des forces militantes quand Vincent Gibert avance le chiffre d’un millier de militants venus des neuf formations de la liste (socialistes, communistes, écologistes, archipéliens…) et Basile Mouton, pour François Piquemal (LFI), quelque 500 bonnes volontés.

Bureaux prioritaires

Côté Moudenc et Briançon, l’organisation est classique. Toulouse compte 285 bureaux de vote. Chacun correspond à un bout de quartier. Les équipes militantes sont réparties par bureau. Au moins deux personnes par bureau chez Jean-Luc Moudenc. Munies d’une carte, à elles d’aller au contact. En distribuant 350 000 tracts avant Noël, soit tous les foyers toulousains, l’équipe du maire sortant a réalisé une démonstration de force. Celle de Briançon s’est lancée un même défi à 300 000 flyers.

Le moment crucial est celui du porte-à-porte quand le dialogue se noue. C’est ici que les stratégies diffèrent. “On sait que pour gagner, on doit en faire deux fois plus que les autres”, glisse Sacha Briand qui rappelle qu’un maire de droite n’est jamais favori dans une ville de gauche. Le directeur de campagne ambitionne donc un porte-à-porte le plus large possible qui vise aussi bien les électeurs tentés par le RN que tous les autres. Vincent Gibert cible, lui, “100 bureaux prioritaires”, ceux qui sont favorables à la gauche pour mobiliser d’abord son camp. Sa liste s’appuie sur une application, développée en interne, pour suivre ce travail.

François Piquemal déroge à ce modèle. Il a priorisé des publics : les jeunes, les quartiers populaires, les bureaux abstentionnistes… Le but : “ramener au vote” un électorat favorable. D’où aussi des tractages lors des concerts de rap, des “chocolats chaud party” devant les facs et les Cité U…

Liste Briançon : 32 boucles Telegram

Ce sont de grosses machines que les équipes des principaux candidats ont déployées pour la campagne des municipales des 15 et 22 mars prochains. Un seul chiffre en donne la mesure. Autour de François Briançon, le candidat de la Gauche unie qui rassemble neuf formations (PS, Ecologistes, communistes, Archipel Citoyen, Générations, Place publique, PRG, MRC et Nouvelle Donne), pas moins de 32 boucles d’échanges internes ont été créées sur la messagerie Telegram. Une pour chaque pôle : mobilisation, communication, etc. Les réunions politiques se succèdent du lundi soir jusqu’au dimanche soir avec, pour terminer la semaine, le conseil politique. Depuis jeudi dernier, les militants sont sur le terrain lors de journées “fabrique des quartiers” et déjà lors de porte-à-porte.

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