C’est une première mondiale : une entreprise lyonnaise est parvenue à concevoir un antidote à la ricine. Il s’agit d’une substance toxique et mortelle qui, jusqu’à présent, ne faisait l’objet d’aucun traitement.
Des mots des services de l’État, il s’agit sans aucun doute d’une “prouesse technologique”. Une entreprise lyonnaise a conçu un antidote qui permet de soigner toute intoxication à la ricine, une substance toxique connue comme l’une des principales menaces biologiques. Jusqu’à présent, aucun traitement ni vaccin n’avaient été conçus pour lutter contre cette toxine. “C’est une première mondiale dans un domaine clé pour la souveraineté nationale”, a salué le gouvernement.
Qu’est-ce que la ricine ?
Il s’agit là d’une toxine naturelle extrêmement puissante, extraite des graines du ricin, une plante utilisée dans le monde entier. Cette substance est particulièrement dangereuse et pour cause : elle est invisible, indolore et particulièrement toxique (même à faible dose).
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Concrètement, la ricine agit en bloquant la fabrication des protéines dans les cellules, provoquant leur mort rapide : pour un individu lambda, la ricine peut provoquer la mort en quelques heures ou quelques jours. Ingérée, inhalée ou injectée, cette toxine peut entraîner des symptômes alarmants comme des vomissements, une détresse respiratoire, une défaillance des organes, voire un décès.
Que sait-on sur cet antidote ?
Si la ricine était à ce point redoutée, c’est aussi parce que cette dernière ne faisait l’objet d’aucun antidote : la mise au point d’un antidote par une entreprise française est donc une première mondiale. D’autant que plusieurs puissances – comme les États-Unis ou la Russie – avaient par le passé, tenté de concevoir un antidote… sans succès. Ce traitement baptisé “Rimiced” est proposé par la société biopharmaceutique lyonnaise “Fabentech” : la structure s’est spécialisée dans l’immunothérapie contre les menaces biologiques. Ce traitement “répond à un besoin médical jusqu’ici non satisfait dans la prise en charge d’intoxications graves et potentiellement mortelles”, indique l’organisme dans un communiqué.
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“Cette réussite est ainsi le fruit de la mobilisation conjointe d’acteurs publics et privés, militaires et sanitaires, qui confirme la position pionnière de la France dans le domaine des biothérapies”, indique le ministère des Armées. L’antidote a fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché. De son côté, le laboratoire lyonnais annonce avoir conclu plus de 20 millions d’euros “de contrats sur plusieurs années avec différents pays européens”.
Un risque d’attaque biologique ?
Voilà dix ans que les autorités françaises redoutent une attaque bioterroriste, entre autres à l’aide de ricine. Des craintes en partie liées à des incidents impliquant cette substance toxique. Exemple en 2018, aux États-Unis : plusieurs colis envoyés par le biais des services postaux ont été testés positifs à la ricine. Ces paquets étaient destinés au président des États-Unis, au Pentagone ainsi qu’à des responsables militaires et des sénateurs. Aucune personne n’avait été blessée.
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Plus récemment, en 2023, un de nationalité iranienne avait été arrêté en Allemagne : ce dernier était accusé de préparer un attentat motivé par l’extrémisme, potentiellement en utilisant du cyanure et la ricine. En développant son antidote, l’entreprise lyonnaise Fabentech entend ainsi contribuer “au déploiement d’un bouclier sanitaire européen face aux menaces biologiques intentionnelles”.

