Les agriculteurs d’Occitanie comptent à nouveau se mobiliser à Toulouse pour défendre leur profession ce mercredi 14 janvier 2026, malgré une interdiction préfectorale. À l’appel de l’intersyndicale agricole, comment cette manifestation affectera-t-elle la ville et ses habitants ?
À l’appel de l’intersyndicale (FDSEA, Jeunes Agriculteurs, Coordination rurale et Confédération paysanne), les agriculteurs en colère prévoient de manifester ce mercredi 14 janvier 2026, à Toulouse. La semaine dernière déjà, malgré une interdiction préfectorale, certains avaient encerclé la Ville rose : de l’A68 à la N124, en passant par le périphérique et l’A61. Une mobilisation qui avait provoqué d’importantes perturbations, 17 interpellations et 53 verbalisations.

DNC, cours du blé, Mercosur…
Pour cette nouvelle journée, “tous les éleveurs d’Occitanie sont invités à se joindre à nous”, indique Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA 31. Les revendications sont les mêmes : révision du protocole d’abattage des bovins, dans le cadre de l’épizootie de dermatoses nodulaires contagieuses, cours du blé en berne, prix des engrais, inquiétudes autour du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur.
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“L’État n’a pas pris la mesure de la crise dans laquelle nous sommes et nous méprise ! Alors que nous nourrissons la France, lance le syndicaliste. Nous manifestons pour continuer à produire une alimentation saine, de qualité, en quantité.” Mais cette mobilisation a de nouveau été interdite par arrêté préfectoral.
“La circulation des tracteurs ou engins agricoles (catégories T, C, S et R), hors motif légitime lié à des travaux agricoles et à la desserte locale, sera interdite du mercredi 14 janvier au vendredi 16 janvier sur certains axes structurants de la zone de défense-sud et sur l’ensemble du réseau routier de la Haute-Garonne”, indique l’institution. Des décisions prises “afin de prévenir tout risque de troubles à l’ordre public et de potentielles perturbations de la circulation des services de secours, ainsi que de la vie économique régionale.”
“Journée d’entraide” revendiquée
Mercredi, les agriculteurs comptent revendiquer “une journée d’entraide” : un échange de services à titre gratuit. “C’est prévu par le Code rural, avance Luc Mesbah. Les agriculteurs peuvent se déplacer pour s’aider : quelqu’un qui vient de L’Isle-Jourdain, Muret ou Auch, peut aller travailler chez un collègue proche de Toulouse.” Un moyen de contourner l’interdiction ? “Non ! conteste-t-il. La loi le prévoit. Nous sommes de vrais républicains, des légalistes. Les agriculteurs sont loin d’être des zadistes : je n’en ai jamais vu être agressif.”
Leur but : converger sur Toulouse, “l’endroit stratégique où les décisions sont prises.” Mais difficile pour l’heure de savoir de quelle manière la manifestation va perturber la ville, ses alentours et ses habitants. “On ne peut pas savoir, ça dépend de comment on est attendu par les forces de l’ordre”, indique un autre représentant syndical.
La préfecture rappelle que toute infraction à l’arrêté d’interdiction sera réprimée, s’agissant des organisateurs, à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende et, s’agissant des participants, à savoir une amende prévue pour les contraventions de quatrième classe.

