January 12, 2026

"J’aurais tellement aimé continuer" : Christiane, 91 ans, doit fermer son commerce car elle ne sait pas utiliser un ordinateur

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Après plus de cinquante ans derrière son comptoir, une commerçante belge est contrainte de baisser le rideau. En cause, une obligation administrative liée à l’informatisation des démarches professionnelles.

La modernisation a parfois un goût amer. À 91 ans, Christiane s’apprête à fermer définitivement le commerce qu’elle a tenu pendant plus d’un demi-siècle à Houthulst en Belgique. Non par fatigue, ni par manque d’envie, mais à cause d’une nouvelle obligation administrative : la facturation électronique.

Depuis le 1er janvier 2026, les gérants de petites boutiques indépendantes doivent transmettre leurs factures de manière dématérialisée, raconte 7sur7. Une réforme de trop pour cette commerçante qui n’a jamais utilisé d’ordinateur. “Je ne sais pas m’en servir, je ne vais pas commencer à essayer de comprendre ça maintenant. Je n’y connais rien”, tranche-t-elle.

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Un travail de toute une vie

Christiane ouvre son épicerie de proximité en 1970, la même année que l’introduction de la TVA. À l’époque, elle a à peine dépassé la trentaine et le magasin devient rapidement un point d’ancrage du quartier. Pendant des décennies, elle n’a quasiment jamais fermé, prenant très peu de congés et assurant seule la gestion quotidienne de son commerce. “Une fois je suis allée à Lourdes” se souvient-elle.

Depuis l’annonce de la fermeture, les clients se succèdent pour lui dire au revoir. “Les gens sont choqués. Ils trouvent ça dommage”, confie-t-elle, tout en reconnaissant entendre souvent la même remarque : celle d’avoir eu “de la chance” de pouvoir travailler aussi longtemps. Christiane aurait pu prendre sa retraite depuis de nombreuses années, mais elle n’en a jamais eu envie. “J’aurais préféré continuer encore un peu. Je me sens en forme”, insiste-t-elle.

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Pour elle, la fermeture ne marque pas seulement la fin d’une activité commerciale, mais celle d’un rythme de vie construit sur le travail, le contact et l’habitude. Si l’épicerie ne rouvrira plus, Christiane n’a pas l’intention de disparaître du quartier. Sa porte restera ouverte, comme un dernier point de repère dans une rue qui, elle, continue de changer.

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