January 11, 2026

"Les particuliers hésitent à lancer leurs travaux", l’inquiétude en Haute-Garonne après la suspension de "MaPrimRénov"

l’essentiel
Lucien Amoros, président de la Capeb 31, s’inquiète de la suspension annoncée de MaPrimeRénov en janvier 2026. Pour les artisans du bâtiment, déjà fragilisés, cette décision fait planer une forte incertitude sur l’avenir. Entretien.

La suspension de MaPrimeRénov est-elle un nouveau coup dur pour les artisans ?

Oui, clairement. Ce n’est malheureusement pas une surprise : le dispositif avait déjà été interrompu par le passé. Mais à chaque fois, ce sont les entreprises artisanales qui en paient le prix. L’absence de décision est presque pire qu’une mauvaise décision, car elle plonge tout le monde dans l’attentisme.

Lucien Amoros, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment.
Lucien Amoros, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment.
DDM – ADRIEN NOWAK

Pourquoi MaPrimeRénov est-elle si essentielle pour le secteur ?

Parce qu’elle conditionne une grande partie de l’activité de rénovation énergétique. Aujourd’hui, les particuliers hésitent à lancer leurs travaux faute de visibilité sur les aides. Résultat : les chantiers sont reportés ou annulés. En deux ans, le secteur a déjà perdu des milliers d’emplois. Cette instabilité fragilise encore davantage les entreprises.

Quel est l’impact en Haute-Garonne ?

La Capeb 31 représente environ 14 000 entreprises, dont une majorité intervient en rénovation. Beaucoup ont construit leur modèle économique autour de ces travaux. Lorsque les aides sont gelées, le signal envoyé aux clients est catastrophique : “attendez”. Pour une entreprise, ne pas savoir de quoi demain sera fait empêche d’investir et conduit au repli.

En tant qu’artisan, comment vivez-vous cette situation ?

Dans mon entreprise de chauffage, la rénovation énergétique représente près de 70 % de l’activité. Or, depuis deux ans, les règles changent sans cesse : certaines aides disparaissent, d’autres sont modifiées. Nous devons aussi conserver la qualification RGE, très exigeante, alors même que les chantiers se raréfient.

Craignez-vous une année 2026 difficile ?

Oui, très clairement. Nous ne pouvons rien promettre à nos clients, car rien n’est garanti. Ce flou permanent est extrêmement dangereux pour l’économie locale et pour l’emploi.

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