January 11, 2026

Incendie à Crans-Montana : bougies scintillantes, mousse acoustique… ce que les deux propriétaires du bar ont expliqué aux enquêteurs

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Quelques heures après le drame qui a fait 40 morts et 116 blessés lors de la nuit du Nouvel An en Suisse, les propriétaires du bar “Le Constellation” ont été auditionnés par les enquêteurs suisses. Les contenus des procès-verbaux, liés à ces ces auditions, sont aujourd’hui connus.

Ce qui devait être une nuit de fête a viré au cauchemar. Après l’incendie meurtrier du bar “Le Constellation” à Crans-Montana, les gérants du bar sont au cœur de l’investigation des autorités suisses. À l’issue d’une nouvelle audition, tenue le vendredi 9 janvier, Jacques Moretti a été placé en détention préventive. Son épouse, Jessica Moretti, copropriétaire des lieux, a pour sa part été remise en liberté. Neuf jours plus tôt, le 1er janvier, les propriétaires du bar “Le Constellation” avaient été auditionnés pour la première fois par les enquêteurs suisses depuis le drame. Entendus séparément, conformément à la procédure, ils n’avaient alors fait l’objet d’aucune mise en cause.

Les bougies festives, au cœur du drame ?

Lors de sa première audition, Jessica Moretti explique qu’elle se trouvait dans l’établissement lorsque le feu s’est déclaré au plafond, relatent nos confrères de BFMTV. À 1h15, “l’ambiance a commencé́ à̀ prendre et les gens à danser”. Comme à l’accoutumée, le personnel apporte les bouteilles directement aux tables. “Systématiquement, quand nous servons une bouteille en salle, nous ajoutons un ‘scintillant’ [un feu de Bengale]. Ils ont une durée de vingt secondes environ”, explique la propriétaire.

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“Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n’y avait jamais eu de soucis”, déclare de son côté Jacques Moretti. Ces bougies pyrotechniques, qui retiennent l’attention des enquêteurs, durent “entre trente et quarante secondes” selon lui. Il reconnaît qu’il “n’est pas impossible” qu’elles aient joué un rôle dans le départ de feu, tout en disant en douter, selon nos confrères de “l’Œil du 20 Heures“.

Les premiers instants du drame

Jessica Moretti raconte ensuite les premiers instants du drame. “J’ai tout de suite hurlé : ‘Tout le monde sort'”. Elle indique être sortie par l’entrée principale pour “dire à l’agent de sécurité” de lancer l’évacuation. Une fois dehors, elle appelle les pompiers. Il est 1h28. La gérante contacte par la suite son mari, qui travaille alors dans un autre établissement : “Je ne m’étais pas rendue compte que la situation était si grave”, explique-t-elle, ajoutant qu’elle comprend à ce moment-là qu’elle ne peut plus rentrer dans le bar, notamment à cause du mouvement de foule. Elle cherche ensuite les membres de son équipe, espérant qu’ils aient réussi à sortir.

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Prévenu par téléphone, Jacques Moretti arrive sur place et retrouve son épouse. Il explique être entré dans l’établissement en forçant une porte “verrouillée de l’intérieur” à l’aide d’un “loquet”. Il affirme qu’il s’agissait d’une “porte de service” et qu’elle “n’est pas indiquée comme sortie de secours”, un point que l’enquête devra vérifier. Décrit comme “visiblement très ému”, il découvre derrière cette porte la jeune serveuse Cyane, 24 ans, inanimée parmi d’autres personnes gisant au sol.

Des travaux qui posent question

Lors de son audition, Jacques Moretti est revenu en détail sur les travaux qu’il a réalisés lui-même lors de l’achat de l’établissement, il y a dix ans. Il explique avoir choisi les pierres, le bois des murs et la mousse installée au plafond. Cette mousse, achetée dans un magasin de bricolage, a remplacé un ancien isolant, car “le changement n’était pas complexe”. Le gérant affirme que depuis ces travaux réalisés il y a dix ans, il n’a effectué aucune autre rénovation dans l’établissement.

Des personnes de moins de 16 ans dans le bar ?

Interrogés sur l’âge des clients et leur vigilance à ce sujet, les propriétaires affirment avoir l’interdiction d’accepter des personnes de moins de 16 ans, et imposer qu’un adulte accompagne ceux de 16 à 18 ans. “On fait le maximum pour que ça se passe comme ça, mais entre les fausses cartes et les éventuelles choses dont je ne suis pas au courant, il n’est pas impossible qu’il y ait eu dysfonctionnement”, reconnaît Jacques Moretti.

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Le soir du drame, de nombreux mineurs étaient présents dans l’établissement, y compris des jeunes de moins de 16 ans, et certains ont perdu la vie.

Vive émotion après le drame

“Je suis dévasté […] je me sens responsable de n’avoir pas su protéger” toutes les victimes, conclut Jacques Moretti. “C’est le drame de ma vie […] je ne sais pas comment je vais tenir”, confie sa femme. Depuis, tous deux ont été mis en examen pour “homicide par négligence, incendie par négligence et lésions corporelles par négligence”. L’enquête se poursuit.

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