January 11, 2026

Colère des agriculteurs : "On ne revivra plus jamais ça" La CR 47 est de retour dans le Lot-et-Garonne

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Après une épopée historique vers Paris et ses monuments emblématiques, la CR 47 est rentrée dans le sud-ouest dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 janvier. Son président, José Pérez, revient sur cette folle aventure.

Une banderole jaune “Coordination rurale 47” brandie au pied de la tour Eiffel. Un cortège de tracteurs remonte l’avenue des Champs-Élysées en klaxonnant. Des agriculteurs aux bonnets jaunes se prennent dans les bras devant l’Arc de Triomphe.

La CR 47 a atteint son objectif. Une partie du convoi de l’antenne lot-et-garonnaise a réussi à pénétrer dans Paris, ce jeudi 8 janvier. Après avoir installé leur camp de base sous le monument de la place de l’Étoile, les membres du syndicat agricole se sont rendus devant l’Assemblée nationale pour manifester.

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Un passage par l’Anses

Jeudi soir, José Pérez, président de la CR 47, annonçait que ses collègues lot-et-garonnais et lui allaient quitter la capitale. Mais avant ça, un petit détour par la région parisienne s’imposait. Le lendemain, dans la journée, la CR 47 s’est rendue devant l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour une dernière mobilisation. “C’était symbolique, atteste José Pérez. C’est un organisme de mauvais conseil qui cause du tort à l’agriculture française.”

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Sur place, le climat s’est avéré tendu avec les forces de l’ordre. Une vidéo publiée sur Facebook montre des bousculades et échauffourées entre les bonnets jaunes et les hommes en bleu. “Ça a chauffé un peu, commente José Pérez. Le climat est toujours tendu. Le ministre de l’Intérieur a mis en place tous les moyens possibles et imaginables pour nous dégager…”

Une aventure historique

Le convoi lot-et-garonnais a fini par mettre les voiles ce vendredi en fin d’après-midi. “Aucun problème” sur le trajet retour, selon le syndicat agricole. “Ils t’escortent pour sortir. Ils disent ‘vite, rentrez chez vous ! On ne veut plus vous voir'”, ironise le président de la CR 47. Les agriculteurs ont posé les pieds dans le 47 dans la nuit de vendredi à samedi.

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Bilan du voyage : une épopée hors normes, certes, mais peu de résultats obtenus. “C’est historique, on ne revivra plus jamais ça, assure José Pérez. Mais ce trajet pour monter à Paris est à l’image de ce qu’on vit au quotidien : des interdictions, des règles à respecter dans tous les sens… Au final, on n’a rien obtenu.”

“Ce qui fait peur, c’est Paris”

Désormais, quelle suite des événements ? Tout d’abord, les bonnets jaunes comptent bien récupérer de la fatigue accumulée ces derniers jours. Ensuite, difficile de savoir ce qui adviendra. “La population nous soutient, alors c’est toujours un peu délicat d’aller bloquer les routes, confie le président de la CR 47. Des manifestations devant la préfecture, on en a fait des centaines, et ça ne nous sert pas toujours. Ce qui fait peur au gouvernement, c’est Paris. Mais même là-bas, on n’obtient pas ce qu’on veut.” Une chose est sûre : la lutte ne s’arrête pas là.

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