January 11, 2026

La mort de Guy-Michel Empociello suscite de nombreuses réactions dans le Tarn-et-Garonne

l’essentiel
Guy-Michel Empociello, décédé à l’âge de 88 ans, a marqué pendant plus de vingt ans la vie politique du Tarn-et-Garonne. Les élus qui ont travaillé avec lui, à Moissac ou au conseil départemental, confient leur émotion.

Le décès de Guy-Michel Empociello, survenu vendredi 9 janvier 2026 à l’âge de 88 ans, est douloureusement ressenti dans le Tarn-et-Garonne. C’est dans ce département que l’ancien directeur de la rédaction de La Dépêche avait commencé une carrière politique, en 1995, d’abord à la mairie de Moissac puis au conseil général aux côtés du président Jean-Michel Baylet. Les élus qui l’ont côtoyé, et ont travaillé avec lui, lui rendent hommage.

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Sylvia Pinel : “Un esprit pétillant et bienveillant”

Sylvia Pinel, ancienne députée de la 2e circonscription, exprime son émotion suite au décès de Guy-Michel Empociello.

“Guy-Michel était à la fois un journaliste brillant et un homme politique exemplaire. Homme de convictions, il s’engageait pleinement, avec opiniâtreté, jusqu’à atteindre ses objectifs. C’était aussi un visionnaire : il savait que la politique c’est avant tout la nécessaire anticipation des besoins et des projets. C’est ainsi que nous lui devons la liaison Quercy Gascogne, la zone logistique ou la pépinière d’entreprises Novalia (depuis transférée à la Région)”, rappelle Sylvia Pinel.

“C’était un esprit pétillant et bienveillant, toujours prêt à aider et à délivrer des avis éclairés. Je n’oublierai jamais son soutien et ses précieux conseils quand j’ai commencé ma carrière politique. Je n’oublierai jamais non plus le rôle déterminant qu’il a eu dans ma première campagne législative. J’ai beaucoup appris à ses côtés”, confie encore l’ancienne ministre du Logement. “Aujourd’hui je suis immensément triste, je perds un ami, un homme fondamentalement bon et généreux qui va beaucoup me manquer.”

Guy-Michel Empociello, ici aux côtés de Sylvia Pinel et Jacques Moignard sur le marché de Moissac pour la campagne des législatives de 2012.
Guy-Michel Empociello, ici aux côtés de Sylvia Pinel et Jacques Moignard sur le marché de Moissac pour la campagne des législatives de 2012.
DDM – CHANTAL LONGO

Valérie Rabault : “Il était inventif et créateur”

Vice-présidente du conseil départemental, Valérie Rabault ressent “une grande tristesse” suite au décès de Guy-Michel Empociello. “Nous avons fait connaissance par l’économie, via le rôle qu’il a joué au sein de l’agence de développement économique du département, c’était lorsque le conseil départemental avait encore une compétence économique retirée depuis. J’ai alors découvert une personnalité passionnante, entrepreneuriale, visionnaire pour notre territoire.
Il était inventif et créateur, j’aimais son regard rieur, celui qu’il prenait lorsqu’il exposait une vision à 10 ou 15 ans et tentait de convaincre ses interlocuteurs de se projeter dans le futur. Empo, comme nous le surnommions, faisait partie de ces élus convaincus que la politique, c’est inventer ce qui n’existe pas encore.”

Michel Weill : “Je ressens une grande peine”

Le président du conseil départemental “n’a que de bons souvenirs de Guy-Michel Empociello”. “Nous n’avons jamais siégé ensemble au Département mais j’ai été son vice-président à l’Agence de développement économique. Ensemble, on s’est occupés de trouver un terrain pour accueillir la zone logistique. Un appel d’offres avait été lancé pour l’aménageur de cette zone, la personne retenue était de Montbéliard. Guy-Michel m’appelle et me dit : il va falloir que tu prennes deux jours de congés pour accompagner ce Monsieur. Je l’ai amené à Saint-Loup, à Castel-Moissac et enfin à Montbartier. C’est ce dernier site qui a été choisi finalement”, raconte Michel Weill. Le Montbetonnais confie son admiration pour l’homme, “brillant intellectuellement” et “un sacré orateur” et pour l’élu. “Il a beaucoup fait pour les entreprises du pôle fruitier de Moissac et pour le conseil départemental parce qu’il était tous les jours. Vraiment, c’est une grande peine de perdre quelqu’un comme lui.”

Marie Castro : “Il m’a beaucoup appris”

La vice-présidente du conseil régional est d’autant plus peinée de la disparition de Guy-Michel Empociello qu’elle était encore avec lui mercredi, à Moissac, chez un chef d’entreprise. “Jusqu’au bout, il aura été sur le terrain à rendre des services, avec ce fair-play, cette dignité que je lui connaissais.” Elle se souvient du mandat municipal qu’elle a partagé avec lui. “Nous étions, avec Pierre Guillamat et Guy-Michel, sur la liste de Jean-Paul Nunzi en 2008. Il était adjoint à l’économie et moi aux affaires sociales. Le courant est très bien passé. En 2011, il a voulu que je sois sa suppléante aux élections cantonales. Il me disait Ma petite, il faut que tu sois au courant de tout s’il m’arrive quelque chose. Il m’a beaucoup formée car c’est quelqu’un qui était très pédagogue. J’ai toujours gardé avec lui ce lien de proximité et d’amitié.”

Jean-Paul Nunzi : “Un respect mutuel”

L’ancien maire PS de Moissac salue la carrière professionnelle de Guy-Michel Empociello, “devenu directeur de la rédaction de La Dépêche après avoir franchi brillamment tous les grades de la hiérarchie”. Mais c’est bien sûr l’homme politique qu’il a surtout côtoyé. “À sa retraite, Jean-Michel Baylet lui avait demandé de s’installer à Moissac afin de consolider un PRG devancé par le PS. Il entre dans la municipalité de gauche en 1995 composée de socialistes, radicaux, communistes et de personnalités diverses. Guy-Michel Empociello était doté d’une intelligence et d’une capacité rare de compréhension. Il s’est engagé sur des dossiers à caractère économique, engagement facilité par sa présence au conseil général comme président de la commission économique”.

Jean-Paul Nunzi évoque la brouille survenue lors de la campagne des municipales de 2014 à Moissac. “Nous étions proches, mais je savais (et il avait compris que je savais) que son ambition, que son projet était le retour au premier plan du PRG à Moissac, ce qui s’est traduit par la constitution d’une liste concurrente à la mienne : le PS ne pouvait pas accepter de perdre sur Moissac le conseiller général et le maire. Cette concurrence nous a valu une défaite et l’élection de Jean-Michel Henriot à la tête d’une liste de droite. Nous nous sommes revus à plusieurs reprises avec Guy-Michel Empociello, nous nous sommes déclarés que cette division n’entachait pas notre respect mutuel”.

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