À Souillac, ce week-end, l’exposition avicole rassemble 715 animaux et une quarantaine d’éleveurs passionnés venus de toute la France. Entre pigeons majestueux, poules rares et lapins curieux, chacun partage son savoir-faire, sa passion et son amour des animaux.
Les portes du Palais des congrès se sont ouvertes samedi matin sur une ferme de couleurs et de plumages. Dans les allées, cliquetis et caquètements se mêlent aux exclamations des enfants. Une petite tête blonde, les yeux écarquillés, lâche la voix gorgée d’émotions : “Ils sont trop beaux”, à côté sa grande sœur sourit. Un peu plus loin, un garçon de sept ans demande à son père : “On va voir les lapins ?” L’ambiance est joyeuse et familiale, les éleveurs amateurs ravis.

L’exposition, organisée par la société avicole du Quercy et du Périgord noir (SAQPN), réunit 715 animaux et une quarantaine d’éleveurs amateurs venus de toute la France. Poules aux plumages extravagants, pigeons fiers, oies sur la défensive et lapins dodus composent ce festival vivant de biodiversité. “Nous avons réussi à tout monter malgré les intempéries. La dernière ligne droite a été compliquée, mais nous avons pu compter sur l’aide des bénévoles”, résume Julien Danel, président de l’association depuis dix ans. Chez lui, au Roc, il élève lapins et canards. Ce week-end, il attend la visite de 600 à 800 personnes dans les allées de la 43e édition.

Des races rares ou menacées
Au milieu des cages, Pierrick Moulès attire les regards. Originaire de Frayssinet et installé aujourd’hui en Sologne, cet éleveur amateur de 38 ans expose pigeons, poules et oiseaux d’ornement. “Pour des passionnés comme nous, c’est avant tout un moment familial”, explique-t-il. “On retrouve les copains, on échange, on concourt et on met en valeur nos animaux, souvent des races rares ou menacées.” Au sein de l’exposition, sa passion l’a conduit à décrocher le Grand Prix d’honneur pour un pigeon de forme française.

Pour les participants, ces journées sont un mélange de travail et de plaisir. “Ce qu’on fait, c’est de l’élevage sportif : le jugement est l’aboutissement de plusieurs années de travail et de sélection. On corrige nos devoirs et on est stressé de connaître les résultats”, résume Pierrick Moulès.

“Pas de déception cette année, je suis très content”, ajoute l’éleveur avant de raconter comment il est tombé dans cette passion dévorante. “C’est assez inexplicable. J’ai grandi dans une ferme, mes parents avaient quelques volailles. Vers trois ou quatre ans, ils ont eu leur première pintade, et je suis tombé amoureux de ces animaux. Ensuite, j’ai vécu à Toulouse et à Paris, sans animaux, pendant vingt ans. Puis je suis revenu lors du Covid dans le Lot et j’ai retapé le poulailler familial et la passion a repris.”

Aujourd’hui installé en Sologne, il consacre deux heures par jour en semaine et une journée et demie le week-end à ses 150 animaux, qu’il espère porter à 300 d’ici huit mois. “La diversité des animaux, leur beauté, ça responsabilise et ça canalise”, ajoute-t-il. Son fils d’un an et demi est déjà fasciné : “Le seul mot qu’il sait dire, c’est cot cot”, sourit-il.
La jeunesse au cœur de la transmission
Autour, les visiteurs profitent d’un spectacle vivant et pédagogique. Vendredi, une école maternelle avait été invitée pour caresser les lapins et observer les pigeons. “C’est la relève”, explique Julien Danel. “Chaque année, de nouveaux jeunes rejoignent l’association, c’est vital pour que cette tradition perdure.”


Les ventes et récompenses rythment le week-end. Pour les éleveurs amateurs, comme pour les passionnés de longue date, ces moments sont l’aboutissement de plusieurs années de sélection et de soins. Et ici, les générations se côtoient : les retraités transmettent leur savoir, tandis que les jeunes apportent énergie et curiosité.


À Souillac, l’émerveillement se lit sur tous les visages : celui des enfants découvrant des lapins pour la première fois, celui des éleveurs fiers de leurs volatiles et celui des familles qui repartent avec le sourire, convaincues d’avoir assisté à un véritable festival de couleurs et de plumes. Entre passion et conservation, tradition et transmission, l’exposition avicole reste un rendez-vous incontournable du Lot.


