Le décès de Bernard Bosc, figure emblématique du secteur des cafés, marque la fin d’une époque. Ancien président de l’Umih 31, il a influencé le monde de la restauration pendant plus de cinquante ans.
La triste nouvelle est tombée ce jeudi matin. L’ancien président du syndicat des restaurateurs et hôteliers, l’Umih 31, pour le secteur cafés et secrétaire général du TFC, Bernard Bosc, s’est éteint à son domicile de Bettes, près de Bagnères-de-Bigorre, à l’âge de 90 ans. Beaucoup se souviennent de cet homme, ami des sportifs, bienveillant, rigoureux dans ses fonctions avec un sens aigu du droit. “Président de l’Umih 31 pour la branche cafés de 1997 à 2012, Bernard a passé un demi-siècle dans le domaine du café”, se souvient Francis Lavaure, gérant durant vingt-six ans du café Le Cardinal, place Wilson, avec Brigitte Ladeveze, fille du fondateur. Doté d’un humour omniprésent associé à une grande rigueur, Bernard Bosc aimait à dire que “c’était la recette pour durer au cœur d’une profession qui demande à la fois fermeté, souplesse et impartialité”.
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“Le café, j’y suis tombé par hasard”
“Rien ne me prédestinait à ce métier, le café, j’y suis tombé par hasard, aimait-il à dire. Après le bac, je devais entrer à la Société Marseillaise de Crédit. J’ai appris qu’un poste se libérait à la Cie Fermière de Vichy. J’y suis allé. Je ne sais toujours pas pourquoi, mais je n’ai jamais regretté”. De 1962 à 1989, il y sera directeur commercial, d’abord à Saint-Étienne puis à Toulouse : “Un premier pas dans la profession qui devait m’ouvrir bien des portes”, disait-il alors. De 1989 à 1994, il devient négociateur de fonds de commerce pour les cafés et restaurants, “une activité simple alors. La crise était encore loin”. Il dirige aussi parallèlement plusieurs affaires dans l’univers du café, mais l’établissement le plus emblématique reste Le Cardinal, place Wilson, que Bernard Bosc dirigera durant vingt-deux ans : “À l’époque, on servait beaucoup de limonade, 900 cafés par jour et 500 demis”, détaillait Bernard Bosc, estimant qu’un bar doit être polyvalent pour résister.
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Les noms de VIP sur les chaises
C’est lui aussi qui inscrira dans le temps l’identité de cet établissement avec les fameuses chaises people siglées Alain Delon, Burt Lancaster, Brigitte Bardot où les clients se rêvent en star et se bagarrent parfois pour le même siège. Un concept importé de la Côte d’Azur qui fera le succès du lieu. Ce sont ensuite les années Umih de 1997 à 2012 où Bernard Bosc conseille les professionnels soumis à une réglementation complexe : interdiction de fumer à l’intérieur, installation stricte de terrasses, grilles des horaires. “Bernard s’est beaucoup battu pour les cafés, assure Francis Lavaure. Il était toujours présent pour ce secteur, y compris à la retraite”. Elias, du restaurant Le Byblos, remarque : “Bernard n’aimait pas les conflits. Il faisait tout pour trouver un terrain d’entente entre les professionnels et la Ville. C’était un homme bien”. Il est aussi, de 1984 à 2001, secrétaire général du TFC où il travaille sur l’organisation des matches et la sécurité, de concert avec Jean-Pierre Havrin, commissaire de Toulouse. Brigitte Ladeveze remarque : “J’ai eu Bernard au téléphone pour la bonne année. Il est parti sereinement”. “À l’Umih, il réglait toujours les problèmes avec du tact, tout en étant incisif, c’était un sacré personnage” se souvient Michel Monsarrat son ami restaurateur à Luchon, ému d’apprendre sa disparition. La date des obsèques de Bernard Bosc n’a pas encore été annoncée.

