En ce début d’année 2026, sept femmes ont été diplômées dans le cadre d’une formation 100 % féminine dans la sphère du transport routier de marchandise. Une remise symbolique a eu lieu au MIN, à Boé.
12 %. Cette donnée correspond à la part de femmes représentées dans les métiers de la conduite. Ce taux, déjà modique, tombe à un taux dérisoire de 4 %, lorsque l’on parle des métiers du transport de marchandises. Des chiffres « trop faibles », pour Frédéric Durand, représentant du Syndicat des transports routiers du Lot-et-Garonne (STR 47). « On a besoin de féminiser la branche », poursuit Béatrice Derumaux, chargée d’actions professionnelles de la délégation régionale de l’AFT Transport-Logistique, à l’origine de la mesure. Jeudi, ce sont 7 femmes qui ont été diplômées de manière symbolique au titre professionnel de conductrice routière de marchandises, à Aftral, au MIN à Boé, à l’endroit même où elles ont suivi leur formation.
Faire face à de nombreux freins
La représentante de l’AFT est partie d’un constat, celui que les femmes font face à de nombreux freins pour se former et entrer dans le milieu du transport routier de marchandises. « La maternité, les horaires et les poids de charge peuvent être des obstacles. Mais aussi et surtout, c’est l’image connotée d’un métier d’homme qui les entrave. »
Alors, il y a deux ans, elle décide de lancer En route avec elles, une mesure qui permet de mettre en place une formation 100 % féminine au titre professionnel de conductrice routière de marchandises. Lors de la précédente édition, 9 femmes ont été diplômées. « S’il y en a aussi peu, c’est du fait de la conjoncture économique incertaine du moment, indique Béatrice Derumaux. Le transport en pâtit, et les offres de travail ne pleuvent pas. Or, pour intégrer la formation, elles doivent avoir une promesse d’embauche. »
C’est là que France Travail et le STR 47 entrent en jeu. Le premier s’est chargé du financement. Il correspond à environ 8 000 euros. Le second a joué de son réseau pour aider ces femmes à trouver un emploi. « Elles seront toutes en CDI », sourit Béatrice Derumaux.
Une formation « intense »
Ce sont les formateurs d’Aftral qui ont suivi les 7 candidates pendant 3 mois durant. « J’ai l’habitude des formations, mais pas celles 100 % féminines, révèle Cyril, formateur depuis 4 ans au sein d’Aftral. La formation s’est très bien passée. Elles sont plus minutieuses, précises, et sont restées très motivées tout du long. » « On s’est beaucoup soutenues, poursuit Lisa, heureuse diplômée. C’était très intense. » Dans le contenu, les candidates ont eu à suivre des cours théoriques, suivis de la pratique. « On a passé un oral sur un thème, et dû apprendre 200 questions par cœur, étant donné qu’on nous a interrogées sur 10 d’entre elles à l’examen. On a eu 10h de conduites avant le permis, puis de la conduite professionnelle, et enfin l’épreuve du plateau, qui consiste à manœuvrer. »
La femme de 25 ans, en reconversion, se dit rassurée après des semaines de stress et d’appréhension. « J’ai un parcours dans la gestion administrative, et suis issue d’une famille de chauffeurs poids lourds. Je voulais me reconvertir, et connaissant le milieu, ça m’a semblé logique. J’ai souhaité devenir conductrice pour pouvoir à terme gérer une équipe. »
Une vocation
Pour Dominique Lacoste, 41 ans, il n’est jamais trop tard pour se reconvertir. « J’ai beaucoup travaillé en restauration et dans le milieu de l’équitation, et dédié beaucoup de mon temps à ma famille. J’ai toujours voulu travailler dans le milieu du transport, j’en ai eu l’opportunité, alors je me suis lancé. » Dur de ne pas parler de vocation quand la quadragénaire dit oublier « tous [ses] soucis », lorsqu’elle monte dans la cabine. « J’ai 41 ans, et j’ai une nouvelle vie qui m’attend », conclut-elle, le sourire aux lèvres.

