Un cortège de la CR 47 s’est élancé depuis le Lot-et-Garonne, ce mardi 6 janvier, en direction de Paris. Après une première journée de périple contée et documentée sur ses réseaux sociaux, le syndicat a décidé de couper toute communication lors de ce deuxième jour de trajet.
Quelques mises à jour, des points d’étape… puis plus rien. Un convoi de la Coordination rurale (CR) 47 s’est élancé en direction de Paris, ce mardi 6 janvier, depuis les hauteurs de Cancon, vers 9 heures du matin. Les dernières nouvelles en date ? Un post Facebook sur le compte de l’antenne lot-et-garonnaise du syndicat.
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La CR 47 avait annoncé que le mouvement allait rester “pacifique”. Au programme, pas de déversement de déchets agricoles, pas d’opération escargot… Juste un simple convoi, majoritairement composé de voitures. Le mot d’ordre : la discrétion. Pas le choix.
Pas de tracteur sur les routes
Car la veille du départ, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest avait signé un arrêté pour interdire la circulation de certains véhicules agricoles jusqu’à ce jeudi 8 janvier inclus. “C’est horrible, on est dans un pays où il n’y a aucune liberté, on voit bien ce que représente l’agriculture française, pestait José Pérez, président de la CR 47, avant le départ du cortège. À Paris, ils ont peur qu’on monte, donc ils ont verrouillé tout le pays en interdisant tous les tracteurs.”
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Malgré tout, le convoi est parti avec une poignée de tracteurs. Pour la symbolique. Dans l’après-midi, ce mardi, le syndicat publie une première vidéo sur ses réseaux sociaux. Dessus, un échange assez tendu entre agriculteurs et forces de l’ordre. En arrière-plan, deux véhicules de gendarmerie sont en travers de la route pour barrer le passage.
Des échanges tendus
“Vous arrêtez de nous casser les c*******, c’est bon !”, fulmine un bonnet jaune. “Vous savez bien qu’on doit faire ça, rétorque l’homme en bleu. Ne faites pas ça, n’en arrivez pas là…” “Sinon, on vous attrape et on vous dégage, réplique l’agriculteur. On va le faire, on n’en a rien à br***** ! De toute façon, on est mort quand même…” La vidéo suivante montre des tracteurs qui reprennent la route. L’échange a dû porter ses fruits.
Le convoi a atteint la Haute-Vienne en début de soirée. Selon Le Populaire du Centre, un tracteur lot-et-garonnais s’est retrouvé immobilisé à Mortemart, commune au nord-ouest de Limoges. “S’ils mettaient autant de moyens pour sauver le monde agricole que ceux qu’ils mettent pour bloquer les agriculteurs, cela fait longtemps qu’on aurait des solutions”, déclarait José Pérez au journal.
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Aucune communication
Dernier mot posté dans la soirée : “Escale chez l’habitant, merci la CR 87 !”. Puis silence radio. Ce mercredi 7 janvier, aucune nouvelle. Contactés, José Pérez, Karine Duc et la communication du syndicat n’ont répondu à nos sollicitations. Même certains membres du convoi ont coupé toute communication. Une stratégie de leur part ? Probablement. Moins d’informations sont données, plus le cortège avance comme il le souhaite. La CR ne perd pas son objectif de vue. Il faut rallier Paris. À tout prix.

