Donald Trump lors d’une conférence de presse à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2026. JOE RAEDLE / GETTY IMAGES VIA AFP
Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a mis en garde contre une éventuelle « ingérence inacceptable et intolérable » après des menaces de sanctions américaines contre des magistrats qui ont traité le dossier pénal du RN, telles que rapportées par la presse.
• Des sanctions envisagées par l’administration Trump contre des juges
L’administration Trump aurait envisagé des sanctions contre les juges du tribunal correctionnel de Paris ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier, selon l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel », dans un article publié fin décembre. Une hypothèse également envisagée par le quotidien « l’Humanité ».
L’administration américaine reproche la « censure » des magistrats français à l’encontre de la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale et aurait songé à mettre en place une interdiction de séjour à ces derniers.
Le président américain avait estimé qu’elle était victime d’une « chasse aux sorcières » par des « gauchistes européens qui se servent de l’arme judiciaire pour faire taire la liberté d’expression ». En mars, Donald Trump avait comparé la condamnation en première instance de Marine Le Pen à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité à ses propres déboires judiciaires.
• Un juge s’inquiète d’une « ingérence inacceptable »
Une hypothèse largement condamnée par le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, mardi 6 janvier. « Si de tels faits étaient avérés ou devaient se réaliser, ils constitueraient une ingérence inacceptable et intolérable dans les affaires internes de notre pays qui devrait provoquer la réprobation des pouvoirs publics », a-t-il prévenu, lors d’un discours.
En évoquant le cas du magistrat français de la Cour pénale internationale (CPI) Nicolas Guillou, visé depuis août par des sanctions américaines, Peimane Ghaleh-Marzban a appelé à « nous élever contre la possibilité même que cela puisse être imaginé ». Nicolas Guillou est notamment chargé à la CPI du dossier du mandat d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
• Le RN dénonce une « pression inadmissible »
La mise en garde du président du tribunal de Paris pourrait « apparaître comme une pression inadmissible sur les magistrats », a de son côté réagi ce mercredi 7 janvier le parti d’extrême droite. Ces propos « sont de nature à préjudicier gravement aux intérêts des prévenus », estime le RN dans un communiqué, dénonçant « comme l’accréditation d’une fake news ».
La cheffe de file de l’extrême droite française, ainsi que le Rassemblement national en tant que personne morale et onze autres prévenus seront jugés par la cour d’appel de Paris à partir de mardi prochain, soupçonnés d’avoir détourné l’argent du Parlement européen au seul profit du parti.

