Le maire de Pradines, Denis Marre, visera bien un troisième mandat aux municipales de mars prochain. À bientôt 80 ans et en cas de victoire, il annonce déjà un possible passage de relais avant terme.
À bientôt 80 ans, le maire de Pradines et vice-président du Grand Cahors, Denis Marre sollicitera un troisième mandat, en mars prochain. Lors d’un point presse organisé ce mercredi 7 janvier, l’élu a assumé une candidature pensée dans la continuité de ses mandats précédents, tout en annonçant qu’il pourrait passer le relais à son adjoint Romain Vezine avant la fin du mandat, “en fonction des circonstances”. Explications.
Au cœur de sa maison pradinoise, Denis Marre assume une candidature qui conjugue expérience et préparation de l’avenir. Élu pour la première fois en 2014, puis largement reconduit en 2020 avec 63,27 % des voix, Denis Marre rappelle le contexte de son engagement. À son arrivée, la situation financière de la commune apparaît fragile. “Le budget de fonctionnement était inférieur de 35 % à celui de communes comparables”, explique-t-il. Pradines, alors peu endettée, disposait de marges d’investissement limitées.
“Accueillir de nouveaux habitants et financer les équipements”
Face à ce constat, la municipalité, sous sa conduite, fait le choix d’un pari assumé : développer des services publics de proximité et engager des investissements structurants pour renforcer l’attractivité de la commune, sans augmenter les taux d’imposition communale. “Créer un service public pertinent, c’était la condition pour accueillir de nouveaux habitants et financer les équipements”, résume le maire.
Près de douze ans plus tard, le bilan de l’action municipale apparaît conséquent. La Prade a vu le jour. Les écoles ont été rénovées. La traversée de la commune, la RD8, a été transformée en boulevard urbain. L’agence postale communale a été reprise, la médiathèque développée. Cette politique d’équipements s’est accompagnée d’une croissance démographique soutenue. La commune, qui comptait 800 habitants dans les années 1970, en rassemble désormais près de 3 800, avec un objectif proche de 4 000 habitants. Entre 450 et 500 logements ont été construits, principalement sous forme de petits collectifs, notamment dans le secteur de Labéraudie. Un développement parfois critiqué, que Denis Marre replace dans un contexte social et démographique en mutation.

“Le temps a passé. J’approche des 80 ans”
À l’approche des municipales, Denis Marre revendique un équilibre financier préservé. “Nous avons rattrapé un déficit initial de recettes de 36 %, tout en conservant un budget de fonctionnement inférieur de 21 % à la moyenne”, souligne-t-il. La commune emploie 38 agents, contre 50 à 55 dans des villes comparables, et n’a pas augmenté les impôts communaux.
Mais c’est surtout sur la question de la succession que le maire a souhaité lever toute ambiguïté. “Le temps a passé. J’approche des 80 ans”, reconnaît-il. S’il sollicite un nouveau mandat, Denis Marre annonce clairement qu’il entend se recentrer sur sa fonction de maire et préparer un passage de génération. Son adjoint au cadre de vie, Romain Vezine, 42 ans, est pressenti pour représenter la commune au Grand Cahors et pourrait, “en fonction des circonstances”, lui succéder avant la fin du mandat.
Engagé de longue date dans le tissu associatif, président territorial de la Croix-Rouge et élu depuis 2020, Romain Vezine incarne cette continuité assumée. “Il n’y a pas de barrière entre la mairie et les habitants. L’écoute et la proximité sont essentielles”, explique-t-il, évoquant également la réflexion en cours sur la création d’une police municipale, pensée comme un outil de prévention et de présence sur le terrain.
Les projets du prochain cycle municipal s’inscrivent dans cette logique de consolidation. Une place publique est envisagée autour de l’école Jean-Moulin, ainsi qu’une maison des associations plus vaste pour accompagner un tissu associatif. Le développement économique reste également un axe prioritaire, en lien avec le Grand Cahors. À Pradines, Denis Marre assume donc une candidature de transition. Une dernière étape, dit-il, pour “assurer la stabilité” de la commune, tout en organisant, sans précipitation, le passage de relais. Un plan qu’il restera aux Pradinois d’approuver ou non en mars prochain.

