L’Iran est secoué par des manifestations depuis dix jours. AFP
Le bilan de la contestation en Iran, qui a débuté le 28 décembre dans la capitale Téhéran, s’alourdit. L’ONG Iran Human Rights estime qu’au moins 27 manifestants ont été tués lors de cette mobilisation menée au départ par des commerçants sur le coût de la vie, avant de gagner 23 provinces sur les 31 que compte le pays avec des revendications désormais politiques.
Elle touche ou a touché au moins 45 villes, essentiellement petites et moyennes et surtout situées dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias.
• Cinq mineurs tués
Au moins 27 manifestants, dont cinq mineurs, ont été tués depuis le début de la vague de contestation en Iran fin décembre, selon un bilan communiqué ce mardi 6 janvier par l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. « Au moins 27 protestataires ont été tués par des tirs ou d’autres formes de violence perpétrées par les forces de sécurité dans huit provinces », écrit l’organisation sur son site internet, ajoutant que plus de 1 000 personnes ont été arrêtées.
La justice iranienne avait prévenu lundi qu’elle ne ferait preuve « d’aucune indulgence » envers « les émeutiers ». « J’ordonne au procureur général et aux procureurs de tout le pays d’agir conformément à la loi et avec détermination contre les émeutiers et ceux qui les soutiennent » sans « aucune indulgence ni aucune complaisance », a déclaré lundi le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï.
A l’instar de la position affichée par le pouvoir depuis le début du mouvement, il a toutefois reconnu un droit légitime à manifester pour des revendications économiques. « La République islamique écoute les manifestants (…) et fait une distinction avec les émeutiers », a-t-il ajouté.
• Un policier abattu dans l’ouest du pays
Un policier a également été tué par balle dans l’ouest de l’Iran, a rapporté l’agence de presse Fars au dixième jour de contestation dans le pays. « Ehsan Aghajani (…) a trouvé la mort il y a quelques heures après avoir été atteint par une balle tirée par des émeutiers près de Malekshahi », écrit Fars, précisant que l’officier était décédé à l’hôpital. Malekshahi est un comté d’environ 20 000 habitants où vit une importante population kurde. Des affrontements y avaient déjà coûté la vie samedi à un membre des forces de sécurité.

