January 6, 2026

Colère des agriculteurs : malgré les interdictions préfectorales, les syndicats maintiennent la mobilisation à Toulouse

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À la veille de la mobilisation agricole annoncée ce mercredi 7 janvier à Toulouse, les restrictions de circulation décidées par la préfecture de Haute-Garonne n’ont pas calmé la colère du monde paysan. Au contraire.

À la veille de la mobilisation annoncée ce mercredi 7 janvier à Toulouse, la tension reste vive entre les agriculteurs et l’État. Lundi soir, la préfecture de la Haute-Garonne a pris un arrêté interdisant la circulation des tracteurs et engins agricoles sur l’ensemble du réseau routier du département, hors motifs liés aux travaux agricoles. Une décision qui, loin de calmer la colère, semble au contraire renforcer la détermination des syndicats.

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“Ces mesures ne nous impressionnent pas, elles nous motivent encore davantage”, assure Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA 31. Selon lui, l’arrêté préfectoral reste juridiquement flou et n’empêche pas les agriculteurs de circuler dans le cadre de leur activité quotidienne. “Les tracteurs ont le droit d’aller travailler, nourrir les Français, entretenir les parcelles. Tout le travail agricole n’est pas interdit”, insiste-t-il.

Le responsable syndical dénonce également une “inégalité de traitement” de la part de l’État. Il compare ces restrictions à la tolérance accordée, selon lui, à d’autres mouvements occupant durablement l’espace public, comme celui des “Ultras de l’A64”, qui, depuis plus de 3 semaines, occupent l’autoroute du même nom à hauteur de Carbonne. “Le droit de manifester est constitutionnel. Quand on empêche les agriculteurs de circuler alors que d’autres blocages sont acceptés depuis des semaines, il y a un problème d’égalité”, affirme Luc Mesbah, évoquant même la possibilité de recours juridiques contre l’État.

Une mobilisation aux contours encore flous

Sur le fond, la mobilisation reste portée par des revendications inchangées : gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), accès à l’export vers l’Espagne et l’Italie, fiscalité jugée étouffante et promesses non tenues de simplification administrative. “On n’est même plus dans la question du revenu, mais dans celle de la survie et du paiement des dettes”, alerte le syndicaliste.

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Malgré les restrictions annoncées, les syndicats maintiennent donc leur stratégie de convergence vers Toulouse, avec des arrivées échelonnées depuis les départements voisins. Les points précis et les horaires restent volontairement flous. “L’objectif, c’est se rapprocher de Toulouse. Ce qui se passe aujourd’hui n’est plus de notre responsabilité, mais celle de l’État”, conclut Luc Mesbah.

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