January 3, 2026

Perpignan-Stade Toulousain : "On est parfois tellement obsédés par le jeu qu’on en oublie les tâches obscures", regrette Ugo Mola

l’essentiel
Alors que son équipe s’est inclinée dans les dernières minutes à Perpignan, ce samedi 3 janvier à l’occasion de la 14e journée du Top 14 (27-30), le manager “rouge et noir” identifiait les rucks comme le gros point noir de la soirée. Mais il voulait aussi se satisfaire de l’état d’esprit affiché par sa jeune troupe.

Vous laissez échapper une victoire qui vous tendait les bras avec des entames de mi-temps qui vous coûtent cher. Comment ressortez-vous de ce match ?

C’est un match un peu frustrant tant l’énergie sur le jeu et sur le rugby produit par moments, même de longs moments, notamment sur les 30 dernières minutes de la première mi-temps. Et on remet la main sur le ballon un peu plus tardivement. Je pense que Perpignan finit avec une équipe aussi avec plus de densité physique. Ils nous contestent six, sept ballons en seconde mi-temps. Je pense que le ruck est le gros point noir sur le match. On est tellement obsédés par le jeu parfois qu’on en oublie les tâches obscures. Je ne suis pas supporter catalan et il y a un championnat à jouer, donc ça serait très mal venu pour moi d’être content pour eux, mais je suis quand même assez fier de ce qu’ont fait nos jeunes joueurs. Parce que oui, il y a du déchet, oui, il y a des fautes qui peuvent paraître un peu bêtes parfois. Mais force est de reconnaître qu’en termes d’énergie et de rugby, il y a eu des choses intéressantes. Après, bravo à Perpignan de ne pas avoir lâché et de pouvoir se remettre en course pour peut-être lancer réellement sa saison. Et tant mieux pour eux, parce que c’est tellement un club qui le mérite. Aujourd’hui, c’était compliqué. Il en fallait un peu plus, en tout cas sur le plan du QI rugby pour gagner aujourd’hui à Aimé-Giral même si l’engagement et l’état d’esprit étaient quand même au rendez-vous du côté des Toulousains, en tout cas de mon point de vue.

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Votre ADN est de jouer mais est-ce que vous ne regrettez pas une poignée de ballons lâchés en trop dans la défense ?

C’est notre rugby, donc c’est sûr que le jeu où ça se goupille un peu moins bien… On ne peut pas trouver ça génial la semaine dernière contre la Rochelle et catastrophique qu’aujourd’hui. Il y a des essais en première mi-temps sur un ballon récupéré où on met un essai quasiment de 100 mètres. Franchement, ce rugby-là, il est enthousiasmant. Il est fait d’intelligence collective forte. Peut-être que par moments, dans des moments clés, on manque un peu aussi de cohésion collective sur les décisions, les choix. C’est une mêlée qui est plutôt pénalisée aujourd’hui, alors qu’il n’y a pas une domination flagrante d’un côté ou de l’autre, même si je pense qu’on était pas trop mal. Il y a quelques ballons perdus, du jeu au sol, un ballon ou deux jetés. Les matchs à l’extérieur, ils se jouent à pas grand-chose. Après, quand tu prends 30 points à l’extérieur, il faut en marquer beaucoup pour gagner. On n’était pas loin, on en met 27 mais force est de reconnaître qu’il en manque un peu. Donc bravo à nos amis catalans car ils ont été se le chercher.

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Est-ce un match d’apprentissage pour vos jeunes joueurs avec cette frontière à ne pas dépasser pour ne pas tomber dans le “trop jouer” ?

Le trop jouer, sachez bien une chose, c’est que le jour où vous me direz qu’on a trop joué, ou que vous m’entendrais dire que j’ai trop joué, c’est qu’on n’aura pas compris pourquoi on joue avec ce maillot et dans ce club. Trop jouer, c’est une connerie. Il faut continuer à jouer. Encore plus, et je trouve même qu’ils n’ont pas encore assez joué. Le truc, c’est qu’il faut trier et être plus pertinent, et ça, c’est développer son QI rugby, ce n’est pas pareil. Être un peu moins con, ça aide. Même quand tu joues beaucoup. Et je pense qu’on a besoin de développer notre QI rugby. Vous savez, cette équipe-là, j’ai un peu suivi, regardé, le Stade Toulousain fait tourner, fait ci, c’est une équipe remaniée…. C’est avec ceux-là que je jouerai les matchs de doublon dans quelques semaines. C’est avec ceux-là qu’on devra recevoir Bayonne, aller au Stade Français et recevoir Montauban. Donc, ces gamins-là, ils me donnent beaucoup d’espoir sur la suite parce que j’ai vu des gamins de 2006, 2005, donc 20 ans, 19 ans, qui, face à des bons joueurs qui jouaient peut-être un peu plus qu’un match de rugby, ne se sont pas sortis et ont fait des choses plutôt intéressantes. Donc oui, il y a des conneries, oui, il y a parfois un manque de justesse technique, un manque de justesse tactique. Mais encore une fois, je ne peux pas les blâmer tant ils ont mis l’énergie et l’état d’esprit qui nous convient, en tout cas nous staff et club.

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Comment avez-vous préparé Kalvin Gourgues pour jouer à l’ouverture ?

Déjà, cela ne vous a pas échappé que depuis trois semaines, on ne se prépare pas puisqu’on ne s’entraîne pas vu qu’il y a quand même pas mal de festivités à gérer et un calendrier un peu compliqué. On s’est vus deux fois un jour et demi, donc vous l’avez vu comme moi, je pense que ce gamin est quand même un peu différent. C’est un bon joueur de rugby, et que l’état esprit d’aller défier Urdapilleta sur le premier ballon malgré les 20 ans de différence d’âge, je trouve que c’est pas mal. Il n’est pas allé défier un gamin qui est en concurrence avec lui en équipe de France des moins 20 ans. Il est allé défier un joueur qui a fait ses preuves plus que beaucoup. Donc non, l’état d’esprit est top. C’est un garçon qui a été formé à l’ouverture. C’est une génération que je connais bien, que je suis depuis qu’ils sont gamins et aujourd’hui, il y en avait cinq, six sur le terrain et honnêtement, ils nous font plaisir. Même si encore une fois, il y a une grosse marge de progrès, je l’espère à venir.

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Et qu’avez-vous pensé des 20 minutes disputées par Peato Mauvaka pour son retour ?

L’énergie du premier (match, NDLR), c’est toujours bon. On verra dans quelques semaines. Mais l’énergie du premier, ce n’est jamais inquiétant. Le premier match, après huit mois ou neuf mois de blessures et de convalescence, avec l’énergie que tu as emmagasiné, ce n’est pas le souci. Ce sont les semaines qui vont venir. Après, il nous a montré quelques petites choses qui laissent augurer, je pense et je l’espère, un Peato pas trop trop mal dans quelques semaines.

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