À Carbonne, ce jeudi, les agriculteurs mobilisés sur l’A64 ont marqué le passage à la nouvelle année sous un froid glacial. Le 31 décembre au soir, ils se sont retrouvés en petit comité sur le barrage, par souci de sécurité. Le lendemain, place aux vœux, dans une ambiance conviviale.
En ce premier jour de l’année 2026, à la tombée de la nuit, le barrage de l’A64, à hauteur de Carbonne, prend des airs de place de village. La veille, les agriculteurs ont marqué le passage à la nouvelle année en petit comité, par souci de sécurité et pour éviter tout afflux. Ce 1er janvier, l’ambiance est plus posée.
Autour des braseros, une centaine de personnes se réchauffent en discutant, un verre à la main. Alors que les flammes éclairent les visages, les odeurs de grillades flottent dans l’air froid. Sur les tables improvisées, des bouteilles de whisky côtoient des paquets de chips, des plateaux de fromages et des boîtes de chocolats. Malgré le froid, l’ambiance est presque chaleureuse. Les rires et les accolades fusent.
Les Ultras, reconnaissables à leur bonnet bleu, sont nombreux. Autour d’eux, des familles, des enfants, des soutiens venus parfois de loin. Certains ne sont pas agriculteurs, mais tiennent à être présents “pour montrer qu’on est là”. Les discussions vont bon train, entre revendications et nouvelles du jour. Près d’un brasero, un sapin de Noël trône. À son pied, deux paquets symboliques : l’un destiné au Premier ministre, Sébastien Lecornu, l’autre à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.
“Les gens viennent en famille”
Les vœux de la nouvelle année devaient être prononcés à 18 heures. L’horaire glisse, doucement. À 19 heures passées, rien n’a encore commencé. “Il va arriver”, souffle-t-on en évoquant Jérôme Bayle, figure du mouvement. En attendant, on patiente. On se sert un verre, on allume un nouveau brasero. Malgré le froid, personne ne semble pressé de partir.
À lire aussi :
ENTRETIEN. “On ne lâchera rien” : Jérôme Bayle, figure de la mobilisation agricole, assume le bras de fer depuis le barrage de l’A64
Parmi les présents, Adrien, 34 ans, agriculteur à Poucharramet. “Ici, les gens viennent en famille, c’est devenu un lieu de vie”, glisse-t-il. Lui et son frère ont rejoint le mouvement dès les premiers jours. “Ce qu’on vit ici, ça redonne du sens. On n’est pas juste en train de bloquer une route, on défend notre métier.” Il insiste sur l’ambiance “calme et respectueuse”, loin des clichés. “C’est important que ça reste comme ça.”
Un peu plus loin, des chaises empilées attendent les discours. Le froid s’installe, mais personne ne semble pressé de partir. Lorsque Jérôme Bayle finit par arriver, capuche sur la tête, il est accueilli par des poignées de main et des tapes dans le dos. Les vœux auront finalement lieu plus tard dans la soirée. Pour l’heure, le barrage vit encore, comme une parenthèse hors du temps sur l’asphalte de l’A64.

