December 31, 2025

Dermatose nodulaire : à quoi faut-il s’attendre avec les prochaines actions de la CR 47 ?

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À Agen, entre actions remarquables et messages symboliques de la CR 47, la colère agricole s’est affichée sans détour. Après deux années de mobilisation, 2026 pourrait marquer le début d’un nouveau chapitre du bras de fer avec l’État.

Un veau mort accroché aux grilles de la préfecture. Neuf jours plus tard, un mur de paille en feu dressé juste à côté. Cinq jours après, une cinquantaine de mannequins pendus dans le parc Fallières. À coups d’actions spectaculaires, la Coordination rurale (CR) 47 a marqué la fin de l’année 2025 au fer rouge à Agen.

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Dans cette montée en tension, les mots de José Pérez, président de la CR 47, le 19 décembre dernier, résonnent comme le début d’un nouveau chapitre. “Demain, c’est Noël. On doit le passer avec nos familles et nos enfants, qu’on ne voit pas beaucoup. Mais, amis agriculteurs : préparez-vous. En début d’année, préparez vos tracteurs, vos remorques… On va repartir si rien ne se passe. Il va falloir qu’on soit entendu une fois pour toutes.”

Un ras-le-bol général

Pour comprendre l’embrasement, il faut remonter à un sentiment profond. Celui d’un trop-plein. Trop de travail pour pas assez de revenus. Les agriculteurs dénoncent, entre autres, des marges jugées indécentes dans la grande distribution. Déjà, en janvier 2024, la CR 47 avait frappé fort. Les actions coup de poing s’étaient multipliées à Agen. 1 500 tonnes de déchets déversées. 400 000 euros de dégâts estimés. L’A62 bloquée. Le point d’orgue de la révolte ? Le syndicat s’était déplacé jusqu’au marché de Rungis, aux portes de Paris, pour porter la colère au plus près de la capitale. Depuis, le ras-le-bol de la profession ne s’est pas dissipé. Bien au contraire.

Autre sujet brûlant, venu animer les débats un peu plus tard : l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur. Un traité destiné à faciliter les échanges avec plusieurs pays d’Amérique du Sud. Mais les agriculteurs, eux, le perçoivent comme une menace. Ils redoutent une mise en concurrence déloyale avec des produits moins chers et soumis à des normes sanitaires moins strictes.

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Le Mercosur toujours dans les débats

En novembre 2024, la CR 47 avait donné le ton à Agen. Avant de participer au blocage du port de Bassens, près de Bordeaux. La signature de l’accord, initialement prévue pour samedi 20 décembre dernier, a été reportée au lundi 12 janvier 2026. Le dossier reste donc d’actualité. Et risque d’alimenter la colère.

Dernier point de crispation en date : la gestion de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Le syndicat agricole dénonce la politique gouvernementale, qui consiste à abattre un troupeau entier lorsqu’un cas est détecté.

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Même si, pour l’heure, aucun éleveur Lot-et-Garonnais n’a été concerné, le syndicat a organisé plusieurs actions pendant le mois de décembre pour soutenir ses confrères touchés. Les deux premières, les 3 et 12 décembre, visaient particulièrement les bâtiments administratifs agenais : préfecture, DDT, DDETSPP… Le dernier rassemblement en date, celui du 19 décembre, s’est voulu plus tranquille.

Une rencontre avec le Premier ministre

Le calme avant la tempête ? En tout cas, le 5 janvier prochain, le syndicat agricole sera reçu par le Premier ministre Sébastien Lecornu. “Avant ça, normalement, on ne lancera rien”, annonce José Pérez. “On espère qu’il va nous annoncer l’arrêt de l’abattage total, et qu’il va mettre en place un moratoire pour supprimer les normes de réglementation. Sinon, on repartira.”

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Reste à savoir quelle forme prendra le mouvement. Difficile à prédire. Car la CR 47 aime les surprises… et les actions remarquables. “Bloquer les grandes villes autour de chez nous ? Monter à Paris, à Bruxelles ? On ne sait pas trop”, confie le président de la CR 47.

Une chose est sûre : la détermination est intacte. “Si leur seule réponse, c’est de porter plainte et de nous envoyer les forces de l’ordre, le gouvernement est tombé bien bas… Ok, on fera peut-être de la garde à vue ou de la prison pour avoir défendu les nôtres. Mais si certains d’entre nous se tirent une balle, ils auront notre mort sur la conscience.” Le ton est donné.

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