Les Etats-Unis ont frappé le territoire du Venezuela au nom de la lutte anti-drogue. ARIANA CUBILLOS/AP/SIPA
Nouvelle étape dans le conflit entre les Etats-Unis et le Venezuela. Donald Trump a affirmé lundi 29 décembre que les Etats-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, une possible première frappe terrestre depuis le début de la campagne militaire américaine contre le trafic de drogue en Amérique latine. De son côté, Nicolas Maduro n’a fait aucune annonce officielle, alors que cette frappe pourrait accentuer les tensions entre les deux pays.
· Première frappe terrestre
« Il y a eu une grande explosion sur la zone de mise à quai où ils chargent les bateaux de drogue. […] Nous avons donc frappé tous les bateaux et maintenant nous frappons la zone, […] et ça n’est plus là », a déclaré lundi le président américain depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, où il a reçu le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Il n’a pas révélé le lieu de cette frappe, précisant simplement qu’elle s’était produite « sur le rivage ». Il a également refusé de dire qui, de l’armée ou de la CIA, avait mené cette opération.
· Aucune victime
Selon CNN et le « New York times », il s’agit d’une frappe de drone qui a visé un débarcadère isolé utilisé par le gang de narcotrafiquants vénézuéliens du Tren de Aragua pour stocker de la drogue et la charger sur des bateaux en vue de son expédition. Personne ne se trouvait sur place au moment de la frappe, il n’y a donc eu aucune victime, toujours selon ces deux médias américains, s’appuyant sur des sources anonymes familières du dossier. L’opération aurait été menée par la CIA, selon nos confrères.
• Silence de Caracas
Le gouvernement vénézuélien n’a fait aucun commentaire officiel sur une telle frappe. Donald Trump agitait depuis plusieurs semaines la menace de frappes terrestres visant des cartels de la drogue en Amérique latine, mais aucune attaque n’avait été encore confirmée à ce jour.
· Jean-Luc Mélenchon déplore une « insupportable agression »
Le fondateur de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé mardi une « insupportable agression » et souhaité « force et courage » au gouvernement vénézuélien. « Voilà le monde de l’Otan : génocide sans limite, agressions de l’empire partout où le pousse la cupidité. Totale solidarité avec le Venezuela, force et courage à son gouvernement et son peuple pour mener une résistance victorieuse », a écrit sur X Jean-Luc Mélenchon, régulièrement accusé d’être un soutien du président vénézuélien Nicolas Maduro, ce qu’il dément, même si Hugo Chávez était un de ses modèles politiques. Jean-Luc Mélenchon critique par ailleurs régulièrement les Etats-Unis et « l’impérialisme américain ».
· Escalade des tensions
Washington a déployé un important dispositif militaire dans les Caraïbes et imposé au Venezuela un blocus visant des pétroliers sous sanctions. L’attaque pourrait considérablement aggraver les tensions avec Nicolas Maduro, dont les Etats-Unis tentent d’obtenir la démission par leur pression militaire dans les Caraïbes. Le président vénézuelien dément les accusations américaines, et assure que les Etats-Unis cherchent à le renverser pour s’emparer du pétrole, principale ressource du pays.
· Près de 107 morts dus aux frappes contre des embarcations
Jusqu’à présent, une trentaine de frappes contre des embarcations de trafiquants présumés ont été menées par les Etats-Unis, faisant près de 107 morts dans les Caraïbes et le Pacifique. La dernière en date a été menée lundi dans l’est du Pacifique contre un navire « impliqué dans des opérations de narcotrafic », selon l’armée, lors de laquelle deux personnes ont été tuées. L’administration américaine n’a pas, pour le moment, apporté des preuves démontrant que ces embarcations visées transportent effectivement de la drogue.

