December 28, 2025

"Le centre-ville est en train de mourir" : La fermeture d’une boutique résonne comme un coup de tonnerre à Tarbes

l’essentiel
La fermeture de la boutique Stradivarius dans la principale artère commerciale de Tarbes laisse de nombreuses clientes plutôt jeunes et branchées, orphelines.

“Je suis triste, mon magasin préféré ferme”. À l’image de Julia qui semble porter le deuil de son enseigne “coup de cœur”, la fermeture de la boutique Stradivarius résonne comme un coup de tonnerre pour de nombreuses clientes, plutôt jeunes et branchées, en centre-ville.

Annoncée depuis plusieurs mois, elle est effective depuis samedi 27 décembre à 19 heures.

Pour son dernier jour, la boutique située rue Maréchal-Foch, dans la principale artère commerciale de la ville, n’a pas consenti à baisser ses prix, au regret de certains clients. Mais pour son ultime baroud d’honneur, la boutique n’a pas désempli de la journée.

Le 10 décembre dernier, une source syndicale indiquait que ” la politique de l’entreprise (qui appartient au groupe Inditex lequel détient notamment les marques Zara, Bershka, Pull & Bear) était de fermer des magasins au profit d’espaces plus grands dans les zones commerciales.

Le magasin de Tarbes est rentable. Mais ce n’est pas une ville où le groupe se projette”.

“Maintenant, on va aller où pour habiller nos enfants ?”

Mais pour beaucoup de clients, c’est bien plus que la fermeture d’un magasin ordinaire. C’est la disparition “physique” d’une enseigne phare qui laisse le centre-ville un peu orphelin et confirme si besoin était la fin d’un modèle.

“Le centre-ville est en train de mourir. Tout est concentré au Méridien et tout le monde achète sur internet, mais sur le digital, on ne peut pas essayer les vêtements et il n’y a pas de relationnel” reconnaît Clément, qui accompagne sa femme Tiphanie et leur fille.

“C’est triste. Encore un magasin qui ferme. Mais ce n’est pas n’importe lequel. C’était un supermagasin pour les jeunes où on trouvait des choses hypersympas. Maintenant on va aller où pour habiller nos enfants et nos petits-enfants ? Encore sur internet ?” déplore Christine, une grand-mère de Séméac, venue une dernière fois avec sa fille.

“C’est le seul magasin où ma fille, grande et menue, trouvait des habits à sa taille” regrette déjà Sophie.

“La ville est morte. Heureusement, il reste encore Pimkie et Mango, mais pour combien de temps ?” s’interrogent deux jeunes filles tarbaises Clara et Lou-Anne.

Pour Tahina, cette fermeture est presque un bien pour un mal : “Certes, c’était l’un des rares magasins de prêt-à-porter pour les jeunes au centre-ville de Tarbes, mais c’est aussi l’une des marques de la fast fashion”.

“C’est mieux que Shein, nuance son amie Zoé. Ce sont des pièces qui ont du style et qui suivent de près les tendances de la mode”.

Pour l’équipe de 7 salariés, c’est aussi une très mauvaise nouvelle. Tous les collaborateurs ont négocié des ruptures conventionnelles avec leur employeur et n’ont pas accepté les propositions de reclassement, dans les boutiques “voisines” de la marque, à Toulouse, Bayonne et Bordeaux.

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