Souvent omis, d’un point de vue extérieur, de l’aspect compétition, l’échauffement est un instant scruté par Xavier Sadourny, le manager d’un CO qui recevra Lyon ce samedi 27 décembre. Il lui permet de ressentir son groupe, de se rassurer aussi. Ce qui n’était pas vraiment le cas lors des précédentes rencontres.
C’est à la fois un moment sacré et anodin. Celui où l’on se motive, où chacun peut se glisser dans sa bulle, sa préparation. Mais c’est aussi là que “l’on se resserre le plus” avance Xavier Sadourny. “Dans les vestiaires, il y a des rituels, tu te prépares un peu à aller au combat, car le rugby reste un sport de combat. Et ces rituels te confortent”, poursuit le manager du Castres Olympique.

Au cœur de ces avant-matchs, l’ancien ouvreur aime observer ses troupes. Plus que les discours, les mots prononcés dans l’intimité des vestiaires, les premiers pas sur la pelouse pèsent lourd. “J’aime que l’on réalise de bons échauffements, ça me rassure”, sourit-il.
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Sauf que ces derniers temps, cette prise de température n’a pas vraiment été excellente. Et les sentiments du manager sont venus sur la table du fait de l’entame de rencontre calamiteuse des Castrais à Montpellier, samedi 20 décembre, menés 17-0 au bout d’un quart d’heure. “On a forcément parlé des entames et on en reparlera dans la semaine. Parce qu’en ce moment, nos échauffements, même à Gloucester et contre Édimbourg, ne sont pas terribles. Est-ce que ça a une incidence sur nos débuts de rencontres ? Peut-être.”
Du changement en avant-match
Le manager a bien conscience qu’une saison est longue et qu’il est impossible “d’être tout le temps à bloc”, mais l’évidence est que Castres, qui reçoit Lyon ce samedi 27 décembre à Pierre-Fabre, doit chasser cette fébrilité latente. “Tu sens qu’il y a du déchet, que ça ronronne un peu, témoigne Sadourny. On est dans un sport nanti de nombreuses routines. Il y a des moments dans un exercice où il faut parvenir à trouver de nouveaux leviers, stimuler un peu les joueurs. Des fois, changer un petit truc redonne du peps.”
Ce sur quoi le staff des “bleu et blanc” s’est d’ailleurs attelé en cette fin du mois de décembre, qui n’a jamais vraiment beaucoup souri au CO ces précédentes saisons. Histoire de briser certaines habitudes, des nouveautés ont été apportées aux échauffements. “Julien Dumora (entraîneur des trois-quarts) et Steven Setephano (entraîneur de la défense) souhaitaient modifier certains aspects, alors ils l’ont fait. Ils ont changé un skills de passe. Le but est forcément de nous apporter quelque chose en plus, de différent. Désormais, on a plus de passes à l’échauffement, c’est plus aéré, plus dynamique”, détaille le manager.
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À voir si, à terme, cela se retranscrira sur les prestations tarnaises. Quand bien même le lien échauffement-match n’invoque pas non plus une logique implacable. “Je pense que ton échauffement découle de ta semaine de préparation, de ta préparation individuelle, soumet Sadourny. Après, j’ai connu des jours où on était stratosphérique à l’échauffement, puis il ne se passait rien en match, et inversement.”
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La logique, les Tarnais devront néanmoins la faire respecter ce samedi face au Lou – “Une bête blessée, sans mauvais jeu de mots”, avertit le pilier castrais Quentin Walcker –, étrillé voilà sept jours par Toulouse dans le Rhône (19-41). Tant qu’à faire en accomplissant un bon échauffement. De façon à prémunir leur manager de quelques inquiétudes naissantes.

