Dans un contexte de forte tension parlementaire, le baromètre politique Odoxa – Mascaret pour Public Sénat et La Dépêche du Midi montre un net recul de la plupart des personnalités. Si Jordan Bardella conserve la tête, Édouard Philippe poursuit sa chute, symptôme d’un positionnement devenu illisible.
Le baromètre politique Odoxa – Mascaret du mois de décembre pour Public Sénat et La Dépêche du Midi confirme que dans un climat politique marqué par des affrontements idéologiques particulièrement durs à l’Assemblée nationale, l’opinion se montre plus sévère et les marges de tolérance se réduisent. Les débats sur le financement de l’hôpital et la revalorisation des salaires des professionnels de santé ont contribué à cette atmosphère d’hyper-tension, qui se traduit par une baisse généralisée des cotes d’adhésion.
Bardella en tête mais en recul, Philippe 5e
Jordan Bardella demeure en tête du classement, mais sans être épargné. Le président du Rassemblement national recule de trois points, à 36 %, tout en conservant la première place. Marine Le Pen suit de près avec 34 %, en baisse d’un point. Gabriel Attal complète le trio de tête. Derrière eux, la dynamique est plus nettement négative pour plusieurs figures installées.

Édouard Philippe poursuit ainsi une décrue désormais installée. L’ancien Premier ministre perd trois points, à 29 %, et tombe à la cinquième place. Surtout, il enregistre l’une des plus fortes progressions de rejet du mois, à égalité avec Marine Tondelier, avec huit points supplémentaires pour atteindre 39 %. Longtemps figure centrale du baromètre et durablement ancré dans le trio de tête, le maire du Havre semble aujourd’hui payer un positionnement devenu difficile à décrypter. Ses critiques publiques du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, combinées à son appel à l’abstention lors du vote, traduisent une volonté de se distinguer sans rompre. Cette stratégie intermédiaire brouille la lisibilité de sa ligne et fragilise son socle, dans un paysage politique de plus en plus polarisé.
Cette séquence affecte également d’autres responsables en quête d’un espace de rassemblement. Bruno Retailleau chute à 24 % (–5) et voit sa cote de rejet grimper à 41 % (+ 6). Raphaël Glucksmann recule à 22 % (–2), avec un rejet qui atteint désormais 42 % (+ 7). Le baromètre dessine ainsi un resserrement brutal de l’opinion, peu favorable aux positionnements jugés ambigus.
Les personnalités politiques engagées dans les municipales
Paradoxalement, Édouard Philippe conserve un atout sur un autre terrain. Parmi les personnalités testées en vue des élections municipales de 2026, il demeure le candidat le plus populaire. Il est le seul à disposer d’une assise nationale solide dans ce classement spécifique. Éric Ciotti, dixième en adhésion à 20 %, mais quatrième en rejet à 51 %, le suit à distance, devant Christian Estrosi.
À Paris, Rachida Dati s’impose face à Emmanuel Grégoire, dernier du classement, mais au prix d’un rejet très élevé. Les cas de David Lisnard et de Jean-Michel Aulas illustrent enfin une constante du baromètre : la notoriété locale ne se transforme pas mécaniquement en capital national, surtout lorsque l’agenda politique est dominé par les tensions du Palais-Bourbon.

