Relancé après ses victoires face à Strasbourg et samedi sur la pelouse du Paris FC, le TFC va passer la trêve dans la première partie de tableau de Ligue 1. Un bilan positif au regard de sa position quelques mois en arrière. Décryptage.
Pour dresser un bilan honnête de la presque mi-saison toulousaine (il restera un match pour boucler la première moitié de championnat, le 2 janvier face à Lens), il faut remonter au 2 août dernier. Olivier Cloarec s’est à peine installé dans ses nouvelles fonctions de président à la tête d’un club secoué par le départ inattendu de Damien Comolli à la fin du mois de mai et, sur le terrain, le TFC vient d’en prendre six par Stuttgart en match amical (6-0), une semaine après avoir été balayé par Leipzig (7-0). Les Violets boucleront leur préparation sur une note plus positive au Stadium face au Séville FC (1-1), mais en n’ayant remporté aucune de leurs six rencontres estivales, et marqué seulement trois buts. Quatre mois et demi plus tard, la catastrophe parfois redoutée n’a pas eu lieu : Toulouse est septième provisoire de Ligue 1, avec six victoires en seize matchs de championnat, 24 buts marqués pour seulement 19 encaissés, et commencera l’année 2026 dans la peau d’un candidat aux places européennes.
Un TFC pragmatique
Que s’est-il passé entre-temps ? Au terme d’un mercato de transition, mené dans l’urgence par le tandem Viktor Bezhani – Olivier Cloarec – également complexifié par la situation économique tendue pour l’ensemble des clubs de Ligue 1 affectés par la baisse des droits TV –, le TFC a réussi l’un de ses grands défis : conserver la plupart de ses cadres. Aron Dönnum, Yann Gboho, Cristian Casseres ou encore Charlie Cresswell sont restés, donnant à Carles Martinez Novell la première pierre pour poser les fondations de sa troisième année sur le banc toulousain.
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L’ancien formateur du FC Barcelone, qui a perdu ses deux attaquants de percussion et de profondeur, Shavy Babicka et Zakaria Aboukhlal, ainsi que son maître à jouer et capitaine Vincent Sierro, a sans doute livré sa demi-saison la plus pragmatique depuis son arrivée, en exploitant au mieux les qualités de son effectif. À savoir, principalement, une défense de fer, socle d’un jeu de transition efficace. Avec trois défenseurs centraux extrêmement fiables, dont Charlie Cresswell qui affiche un niveau international et est sans conteste l’un des meilleurs joueurs de Ligue 1 depuis le début de saison, mais sans réel créateur au milieu de terrain, le TFC tire profit des qualités de ses pistons, Aron Dönnum, en pleine forme, et Dayann Methalie, l’une des révélations de l’effectif (qui met également en avant l’importance de la formation toulousaine dans la construction de l’équipe).
Ce n’est pas toujours flamboyant, mais le TFC a appris à gagner sans avoir le ballon et, plus important, le vestiaire adhère à ces principes. “Il est important de comprendre qu’on ne gagnera pas toujours en jouant un beau football. Parfois, il faut défendre un peu plus que ce que l’on souhaiterait, avoir moins le ballon”, résumait Mark McKenzie samedi soir après la victoire à Paris (3-0), sixième match sans encaisser de but cette saison, et qui a aussi montré que quand l’adversaire était plus faible, Toulouse savait faire le spectacle.
Toujours à la hauteur, même face aux cadors – “Je ne crois pas que beaucoup d’équipes aient marqué trois buts au PSG”, relève Yann Gboho –, le TFC a en revanche connu un trou d’air automnal face à des adversaires de deuxième moitié de tableau, payant une crise d’efficacité récurrente ces dernières saisons qui l’empêche de franchir un palier. Mais l’intégration progressive d’Emersonn et d’Hidalgo forme une belle promesse, et au regard du budget du club et de sa situation il y a à peine cinq mois, il semble difficile de dire que le TFC a manqué sa première moitié de saison.

